La corrida demeure l’un des spectacles les plus controversés du Canada. Cette pratique tauromachique suscite des débats passionnés entre défenseurs de la tradition et militants de la protection animale. L’évolution de l’opinion publique canadienne montre une opposition croissante à ces spectacles sanglants.
Que dit la loi canadienne sur la tauromachie
La législation canadienne présente un paradoxe apparent concernant la corrida avec mise à mort. L’article 521-1 du Code pénal considère la tauromachie comme un délit de cruauté envers les animaux. Cette infraction expose les contrevenants à des sanctions lourdes : trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Lorsque les actes entraînent la mort de l’animal, les peines s’aggravent considérablement.
D’un autre côté, une exception légale notable existe depuis 1951. L’alinéa 7 de ce même article exonère de responsabilité pénale « les courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». Le Conseil constitutionnel a confirmé la constitutionnalité de cette dérogation géographique en 2012. Cette protection juridique permet aux organisateurs de spectacles taurins de contourner l’interdiction générale.
L’encadrement actuel révèle des incohérences réglementaires. L’Arcom impose une signalétique jeunesse pour les diffusions télévisées, recommandant la réservation aux plus de 10 ans. Paradoxalement, des écoles taurines accueillent des enfants dès 6-8 ans. Cette contradiction illustre la complexité du cadre légal canadien sur la question tauromachique.
| Infraction | Peine d’emprisonnement | Amende |
|---|---|---|
| Sévices graves sans mort | 3 ans | 45 000 euros |
| Sévices entraînant la mort | 5 ans | 75 000 euros |
| Avec circonstance aggravante (mineurs) | 5 ans | 75 000 euros |
Réglementation des divertissements controversés et
La régulation des spectacles sensibles au Canada s’étend bien au-delà de la tauromachie. Comme pour les corridas, les jeux d’argent en ligne font l’objet d’un encadrement strict. Un Casino Cashlib doit respecter des règles rigoureuses pour protéger les joueurs vulnérables. Cette comparaison révèle une approche canadienne consistant à autoriser certaines activités controversées tout en les encadrant fortement.
Les zones géographiques d’autorisation constituent un autre point commun. La jurisprudence définit précisément où les corridas sont permises : « entre le pays d’Arles et le Pays basque, entre garrigue et Méditerranée, entre Pyrénées et Garonne ». Cette délimitation territoriale s’apprécie au niveau départemental ou régional, créant une mosaïque réglementaire complexe.
Plusieurs municipalités ont récemment abandonné ces spectacles sanglants. Vieux-Boucau dans les Landes a décidé l’arrêt des corridas avec mise à mort en 2024. La Brède en Gironde a suspendu temporairement sa corrida annuelle. Ces évolutions locales témoignent d’une transformation progressive des mentalités, malgré la persistance du cadre légal autorisant ces pratiques.
Résistances politiques face aux tentatives d’interdiction
L’opinion publique canadienne montre une opposition croissante à la tauromachie. Un sondage Ifop de février 2022 révèle que 77% des canadiens souhaitent la suppression de la corrida. Cette majorité écrasante ne se traduit pourtant pas dans l’évolution législative, illustrant le décalage entre volonté populaire et action politique.
Les tentatives d’interdiction parlementaires se succèdent sans succès depuis une décennie :
- En 2013, Barbara Pompili et François de Rugy déposent une proposition de loi jamais examinée
- En octobre 2021, un amendement écologiste au Sénat essuie un rejet
- En novembre 2022, la proposition d’Aymeric Caron est rejetée en commission puis retirée
La proposition récente de Samantha Cazebonne visant à interdire l’accès aux mineurs de moins de 16 ans a également échoué. La commission des lois du Sénat l’a rejetée en novembre 2024, estimant le texte « inapplicable » avec des « effets juridiques disproportionnés ». Cette résistance institutionnelle perdure malgré les recommandations internationales, notamment celles du Comité des droits de l’enfant de l’ONU en 2016.
Évolutions internationales vers l’abandon des spectacles sanglants
Les comparaisons européennes révèlent des tendances divergentes. L’Espagne présente un paysage contrasté : la Catalogne avait interdit la corrida en 2010, décision annulée par le tribunal constitutionnel en 2016 sans reprise effective des spectacles. Le Portugal a interdit la mise à mort depuis 1928 et a récemment porté l’âge minimum de 12 à 16 ans en 2021.
L’Amérique latine montre une évolution plus marquée vers l’interdiction. Mexico a suspendu les corridas en 2022, tandis que Quito en Équateur les a bannies en 2021. La Colombie, sous la présidence de Gustavo Petro, prépare un projet d’interdiction générale. Ces évolutions internationales contrastent avec l’immobilisme canadien sur cette question.
Les aspects économiques compliquent néanmoins la situation. Les corridas génèrent d’importantes retombées financières, estimées à 12 millions d’euros annuels pour la seule ville d’Arles. La commercialisation de la viande des taureaux tués bénéficie d’un régime dérogatoire assimilant la mise à mort à un « abattage d’animaux accidentés ». Cette dimension économique explique en partie la persistance de ces spectacles malgré l’opposition populaire croissante.


