AccueilActualitésActualités 2017Vergèze. 2 avril. Tarde grise.

Vergèze a ouvert ses portes pour une novillada aux couleurs du temps, maussade, avec une température fraîche à l’image de celle qui régna dans le public.

Il faut dire qu’en piste rien ne concourut à réchauffer l’ambiance, au point que le prix au meilleur novillero fut fort justement déclaré desierto. Côté bétail, la présentation des novillos de Luc et Marc Jalabert ne souffrit d’aucun reproche, avec des utreros de belle corpulence dotés souvent d’armures astifinas. Leurs comportements furent par contre inégaux, tout comme leur solidité.

Une minute d’applaudissements, saluant la mémoire de Philippe Cuillé récemment disparu, conclut le paseillo.

Miguel Angel Pacheco, vu à son avantage l’an dernier à Carcassonne face aux Miura, est passé presque inaperçu. Face au novillo d’ouverture, un peu juste de forces et sûrement encore affaibli par un choc contre un burladero, il mania prudemment le capote avant de laisser son adversaire dans les mains du cavalier de service pour deux rations de fer, la première prise en cabeceant, la seconde symbolique. Quite d’Adrien Salenc par delantales et demie. Muleta en mains, le novillero de La Línea de la Concepción (Cádiz) toréa de façon marginale, avec parfois des gestes un peu brusques alors que la noblesse du Jalabert aurait dû être mise à profit par un toreo plus soyeux. Final encimista et un desplante inopportun après trois manoletinas. Le meilleur de la prestation de Pacheco restera l’estocade portée en toute loyauté. Silence.

Face au quatrième qui poussa un peu sur la première pique, puis qui reçut un picotazo sur l’épaule, le garçon resta inédit au capote. Après un quite un peu brouillon d’Adrien par navarra, chicuelina et demie, le novillo s’abîma la patte avant droite à la sortie de la première paire de banderilles. L’animal eut suffisamment de race pour poursuivre le combat malgré son handicap, mais ce fut en vain face à un novillero peu inspiré et tout aussi marginal qu’au début, à droite comme à gauche. Entière caida pour le final et nouveau silence.

Adrien Salenc a soufflé le chaud et le froid. Face au second, il ne réussit pas à gagner du terrain au capote avant de confier son adversaire au lancier pour une pique et un picotazo, puis de laisser El Galo dessiner un quite par véroniques. Lidia désordonnée au second tiers puis une faena exclusivement droitière initiée par statuaires mais qui évolua a menos, le garçon étant peu aidé par un bicho qui chargeait à mi-hauteur et qui s’avéra gazapon. L’essai infructueux à gauche fut classé sans suite. Lame atravesada perçante suivie d’une entière correcte pour clore le débat. Silence.

C’est par une larga afarolada de rodillas près des planches qu’Adrien salua l’entrée du cinquième, poursuivant ensuite par véroniques et demie. Après une première pique à deux trous et une courte seconde ration de fer prise en poussant un peu, le jeune nîmois débuta joliment sa faena par des doblones genou fléchi, puis poursuivit sur la corne droite en laissant quelques bons derechazos. Le passage à gauche fut nettement moins concluant avant un final un peu brouillon. Entière tendida au troisième assaut. Vuelta (un peu pour son compte).

André Lagravère « El Galo », qui se présentait en piquée sur le Vieux Continent, n’a pas vraiment convaincu. Désarmé sur les véroniques de réception du troisième, il laissa ensuite trop piquer l’animal lors de deux rencontres où le novillo mit les reins. Pacheco chiffonna ensuite quelques véroniques et demie avant qu’André pose lui même trois paires de banderilles, deux en poder a poder, la troisième initiée al violin et terminée en cuarteo. La faena qui suivit fut plus volontaire que profonde, le garçon toréant avec de petits gestes brusques du poignet mais courant cependant bien la main. Passage à gauche avorté et un ensemble droitier un peu décousu. Entière contraire au second assaut, deux descabellos. Silence.

L’accueil du dernier utrero de la tarde se fit par véroniques sur le voyage, chicuelinas opportunes et demie, André abondonnant le capote en se faisant enfermer sur la dernière passe. Après une pique prise en poussant et un picotazo, le Jalabert fut à nouveau banderillé par le novillero franco-mexicain qui cloua en deux poder a poder et un violin. Désarmé sur le second muletazo de rodillas, André se reprit sur deux séries de la droite avant que le bicho ne s’effondre par manque de forces. REmis sur ses aplombs, le novillo quasi-éteint accepta quelques muletazos ambidextres avant de succomber des effets d’une lame tendida. Silence.

A noter que le troisième novillo sortit avec des armures abimées, la chose ayant préalablement été annoncée au micro. Enhorabuena aux areneros de Fiesta Brava qui surent remettre la piste en état, après les fortes précipitations de la veille, pour que la novillada ait lieu.

Reseña et photos : Paco.

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