AccueilActualitésActualités 2017Nîmes. AG du Centre Français de Tauromachie.

L’assemblée générale du Centre Français de Tauromachie (CFT) avait lieu le 20 janvier 2017 au Musée des Cultures Taurines de Nîmes.

Dans le cadre de l’exposition sur les toros dans la bande dessinée, le CFT avait été invité, pour la deuxième fois, à tenir son Assemblée Générale, devant une belle affluence, très attentive.

L’assemblée générale du CFT avait lieu le 20 janvier 2017, au Musée des Cultures Taurines de Nîmes.
La très belle année 2016 a été passée en revue, devant les officiels, les invités, les parents et les élèves, tous venus pour partager ce moment de bilan convivial.

Nous publions de jolis clichés pour illustrer ce moment important de notre association. Seules manquent les photos du magnifique buffet entièrement offert par les parents d’élèves…

Le discours du Président.

En préambule à cette assemblée générale, je tiens d’abord à vous dire quelques mots.
Une assemblée générale c’est un moment important.
A cette occasion, l’association prend le temps de dresser son bilan, de jeter un regard sur le travail accompli, sur les résultats obtenus.

Et cela, nous allons le faire tout à l’heure avec le formalisme toujours respecté par le Conseil d’Administration du CFT.

Mais avant tout, je tiens à vous dire la vive émotion que j’éprouve ce soir, car une fois notre AG terminée, nous allons procéder à la remise de ce costume à notre désormais ancien élève : Tomas Ubeda.

Depuis 33 ans, il est le premier élève à devenir professionnel directement en sortant de chez nous : C’est bien la preuve que nous ne sommes pas une association taurine de plus, mais un véritable centre de formation professionnelle !

Depuis 33 ans, au CFT, nous avons formé un millier de jeunes, non seulement à devenir de bons aficionados, mais pour une bonne proportion d’entre eux, nous avons formé des professionnels dont de nombreux sont encore en activité aujourd’hui.

Mais cela n’est pas l’essentiel…. L’essentiel, c’est que certains de nos élèves se sont révélés être des artistes ! – oui, des artistes.

Alors, aujourd’hui, devant vous, pour une fois, je vais pêcher par orgueil.
La trajectoire dessinée depuis tant d’années me le permet !
Oui, je suis fier du chemin accompli, notre œuvre est considérable, oui, je le dis, considérable…. et puis d’ailleurs – je ne me sent pas du tout gêné de dire du bien de nous, car comme me le disait Simon Casas, quand nous étions jeunes novilleros, « Si c’est pas toi qui dit que tu es bon, c’est pas les autres qui le diront ! »

Alors Oui … j’insiste – des artistes!

Les artistes ont un rôle essentiel dans la société : ils font rêver, ils élèvent les esprits, ils interpellent, ils émeuvent – et surtout – ils nous arrachent à notre terne quotidien, pour rendre nos vies plus supportables et leur donner du sens.

Justement, dans notre méthodologie de formation, nous avons travaillé, non seulement, à construire un cours théorique, mais nous avons voulu aussi élever la réflexion de nos élèves.
par exemple: un travail sur le thème « mettez-vous dans la peau du toro » (vous pouvez en apercevoir, affichées les murs, certaines phases extraites de ce travail)
ou encore « Pourquoi entrez-vous dans l’arène pour tuer un toro? » (thème de la prochaine dissertation, c’est le programme du cours de demain !).
Nous enseignons la Tauromachie, c’est un fait, nous obtenons d’excellents résultats, c’est encore un fait, mais nous voulons donner du sens à notre enseignement, car c’est la seule possibilité que nous avons à offrir à nos jeunes, – plongés dans cette société virtuelle, sans mémoire, sans recul,- pour leur donner à réfléchir, se questionner, comprendre et ouvrir les yeux sur leur propre devenir.

Depuis 33 ans, pour nous qui avons des objectifs ambitieux, vous pouvez imaginer des déceptions nombreuses, bien sûr des trahisons non moins nombreuses, mais comme le dit si joliment l’excellent Jean-Laurent COCHET : « J’oublie ceux qui m’ont trahi : ils s’étaient trompés de vie en entrant dans la mienne ».

Alors me direz-vous : Pourquoi on continue, envers et contre tout ?
Évidemment, pour le sourire des enfants qui découvrent de nouvelles sensations, pour la joie dans leurs yeux lorsqu’ils parviennent à surmonter leurs peurs et à faire de jolies choses.
Mais cette année, je dois reconnaître qu’une de nos fiertés, c’est le jeune Jack qui nous l’a procuré.
Ce jeune autiste (artiste ?) est venu nous trouver, plein d’une passion dévorante, pour le monde des toros. C’est la tauromachie qui l’aide à venir vers nous, à s’intégrer aux autres, à canaliser son énergie.
Il est à fond dans son rêve et Patrick VARIN le cite en exemple aux élèves, car Jack, lui, il est totalement en immersion, immédiatement dans la situation.
Oui, nous sommes aussi fiers de contribuer à son épanouissement que de bénéficier de son exemple.
Ce qui nous pousse encore et toujours à continuer, c’est aussi, le sentiment d’accomplir une mission sociale.

Je dis toujours qu’un peuple qui n’a pas de passé, n’a pas d’avenir.
C’est-à-dire qu’un peuple sans racines est un peuple appelé à mourir.

Notre force, c’est de plonger nos racines dans nos traditions.

Paradoxalement, plus on a de racines, plus on peut s’ouvrir au monde
car on sait mieux qui on est.
La tauromachie est une école de valeurs, une école de vie.
Fiers et forts de nos traditions, nous pouvons aller partout, libres.
Les gens qui nous combattent, veulent nous priver de liberté, nous bâillonner.
Ce sont eux les liberticides !
– nos traditions sont tout – sauf rétrogrades.
Le nivellement, l’égalité « de tout et de tous », c’est ça le totalitarisme.

Celui qui sort du rang, qui se met en avant, c’est l’artiste.
Il n’est pas de démarche artistique sans mise en danger.
Quel art, plus que la Tauromachie met en danger ses artistes?

Nous sommes fiers de participer au mouvement qui avance vers le danger.
Le courage c’est : « J’ai peur et j’avance la jambe ! ».

Si l’on ne parvient pas toujours à former un artiste, on en a, à coup sûr, fait un homme.

Depuis 33 ans, le CFT peut s’enorgueillir d’avoir contribué à ancrer, par le maintien de la tradition taurine, les bases d’une société qui s’élève, qui va de l’avant, créatrice de bonheur, à l’inverse d’une société – grisement – tristement uniforme.

Un artiste est toujours libre, même en prison !

Les « zAntis » qui nous empêchent de faire vivre notre art : – ce sont eux les barbares !
S’attaquer à la tauromachie est aussi barbare que s’attaquer aux trésors des temples de Palmyre !

Voilà, en résumé, notre fierté de former des jeunes, de les faire réfléchir sur le sens de leur vocation pour en faire des hommes libres sûrement … et peut-être même des artistes… quelques uns y parviendront.
Ces privilégiés pourront parfois le payer cher.
La liberté a un prix, ils le savent…. Parfois l’artiste y laisse même sa vie.
– 2016 fut une triste année pour les Maestros El Pana et Victor Barrio,
ils ont fait « en Artiste » leur dernier paseo vers le ciel.

Je vous remercie de votre attention.

Rétrospective 2016 en images.

http://www.cftauromachie.com/

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