AccueilActualitésActualités 2017Arzacq-Arraziguet (64). Triomphe d’Hector Gutierrez face à de bons novillos de Mayalde.

Arènes couvertes du Soubestre, pratiquement combles, trois heures de spectacle.

Sept novillos du Conde de Mayalde (Toledo), deux pour le cavalier Mario Perez Langa, cinq autres sans picadors, tous parfaitement présentés, généralement lourds et mobiles, tous témoignant beaucoup de noblesse et présentant quelques difficultés.

  • Alejandro Mora (blanc et or), au deuxième, un pinchazo et une entière, une oreille.
  • Jaime Casas (bleu marine et or) au troisième, un pinchazo, une entière, deux descabellos, silence.
  • Tomas Rufo (bleu marine funèbre et or), au cinquième, une entière, deux descabellos, vuelta.
  • Antoine Madier (bleu pâle et or) au sixième, un mete y saca, un pinchazo, une demi-lame, six descabellos, avis, silence.
  • Hector Gutiérrez (soupçon de bleu pâle et or), au septième et dernier, une entière, deux oreilles et vuelta au novillo.
  • Mario Perez Langa, à cheval, au premier, un rejon de muerte et quatre descabello, silence ; au quatrième, un rejon foudroyant, une oreille.

 

Elève de Pablo Hermoso de Mendoza, Mario Perez Langa est aussi un excellent comédien pour séduire son public. Il a chaque fois réussi dans la pose des banderilles, allant jusqu’à pose de la rosa. Il a parfois manqué de rigueur dans la conduite de la lidia, faisant prendre de bien grands risques à ses chevaux. Ses deux sorties furent très appréciées du public.

Avec un excellent lot de novillos la novillada mixte sans picadors a connu deux très grands moments et s’est terminée en point d’orgue avec les deux oreilles du Mexicain Hector Gutiérrez qui entraîna dans sa vuelta triomphale le mayoral de l’élevage. Un sacre qui avait été refusé avec le deuxième novillo et qui, avec ce dernier, récompensait l’ensemble de la présentation.

Alejandro Mora, le neveu, nous a-t-on confié, de Juan Mora, aurait donc comme son oncle beaucoup de majesté à la cape. Des capotazos très lents, très harmonieux, rehaussant un bel ensemble de douceur. A la muleta il lui faudra quelques minutes avant de trouver le bon sitio, surtout à gauche. Mais dès lors, cette main est une véritable petite ensorceleuse, enjôleuse, même, conduisant l’excellent novillo dans un manège de folie. Le garçon possède parfaitement son métier et son courage fera le reste. Il y a dans tout cela une note de bon goût qui est surement un sceau familial.

Jaime Casas, issu des rudes terres madrilènes, ne s’attarde pas longtemps à la cape dont il tirera cependant trois véroniques somptueuses. Il brinde à Juan Leal qu’il retrouvera dans huit jours lors des journées de La Fragua. Il est face au novillo le moins intéressant par sa faiblesse. Il devra toréer à mi-hauteur mais avec de beaux muletazos lorsqu’il aura enfin trouvé la bonne distance. La gestuelle est parfaite mais pas toujours en adéquation avec les qualités de l’adversaire.

Tomás Rufo se trouve soudainement débordé à la cape. Il fera front avec courage et finira par soumettre son novillo. A la muleta le Mayalde va rapidement réduire sa charge, mais le garçon s’adapte chaque fois aux conditions du combat. Il sait dégager le bon rythme et signe une sortie avec beaucoup de beaux détails.

Antoine Madier, le seul Français de la journée, dessine quelques véroniques lentes et amples qu’il termine avec un demie parfaite. Malheureusement cet eral, qui s’annonçait intéressant, va ressortir amoindri d’une vuelta de campana. A part une jolie série sur la main droite il sera contraint à voler des passes sur le voyage. On sent pourtant à gauche une bonne maîtrise et il aurait mis son travail en valeur en attaquant l’adversaire dans son terrain.

Hector Gutiérrez, a soudain réveillé l’arène qui s’assoupissait… Réveil en douceur par l’harmonie de son art qui, sans attitudes spectaculaires, finit par canaliser et maîtriser un novillo très agressif et dangereusement armé. Il commencera par arracher une valeureuse série à droite, d’autant que l’animal est dans le registre de la distraction. C’est enfin, à gauche qu’il trouvera la récompense de ses actions courageuses. Finalement complet sur les deux mains et tuant bien et vite, il s’offre logiquement deux oreilles. Le succès sera complété par une vuelta au toro. Lors de son tour d’honneur Hector Gutiérrez appelle le mayoral à venir partager ce succès. La dernière image d’une novillada « entretenida ».

Le Bayonne de Cristal, trophée de la course revient logiquement au jeune Mexicain.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Reportage-photos : Romain Tastet.

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