AccueilActualitésActualités 2017Arles. 16 avril (matin). Triomphe d’Adrien Salenc.

Une novillada-concours intéressante, à base de ganaderias françaises, mais hélas un peu perturbée par le vent.

Qu’importe, les trois novilleros, français eux aussi, n’étaient pas venus pour faire de la figuration, d’où l’intérêt d’une course marquée par le triomphe d’Adrien Salenc, auteur d’un début de saison en demi-teinte et qui sut remettre les pendules à l’heure avec une entrega qui fit plaisir à voir.

Côté bétail, on eut droit à une déclinaison de comportements, avec toujours de la qualité, prouvant que maintenant nos élevages tricolores peuvent largement rivaliser avec la majorités des ganaderias espagnoles ou portugaises. La palme revint au pupille de Los Galos qui remporta fort justement le prix mis en jeu.

Andy Younes n’a pas connu une de ses meilleures journées, même s’il coupa l’oreille du premier. Face à ce novillo, porteur du fer de Fernay, un peu faiblard, il se montra très à l’aise de bout en bout de son trasteo, débutant par un assortiment de véroniques, tafalleras, faroles et revolera avant de présenter son opposant au lancier de service pour  deux piques symboliques. Quite de Tibo Garcia par tafalleras et revolera. Initiée par deux passes cambiadas, la faena alterna les deux cornes d’un Fernay très noble mais (à mon avis) manqua un peu de fond, peut-être à cause d’une absence réelle d’opposition qui aurait pu donner plus de relief à l’ensemble. Le toreo circulaire à l’endroit et à l’envers n’arrangea pas les choses. Pinchazo hondo après séquence encimista et bernadinas finales, entière en place et longue résistance du novillo qui finit par s’écrouler, laissant une oreille dans les mains du jeune torero.

Andy visait la Puerta Grande. Il accueillit ainsi le San Sébastian sorti en quatrième position par deux largas de rodillas avant de dessiner quelques jolies véroniques templées. Après une pique d’intensité moyenne suivie du picotazo d’usage, Tibo Garcia vint au quite pour deux chicuelinas toutes de douceur et une larga tout aussi soyeuse. Hélas ensuite le bicho ne cessa de cabecear et le niveau des muletazos s’en ressentit, l’ensemble ambidextre de correcte facture mais un peu brouillon manquant forcément de douceur. Retour des sempiternelles circulaires qui n’apportèrent rien à l’affaire avant tiers de lame au second assaut suivi d’une kyrielle de descabellos avant que le novillo ne se couche seul et soit puntillé … par derrière. Silence.

Tibo Garcia n’a pas touché le meilleur sorteo, et s’il n’a pas triomphé, il s’est montré cependant à son avantage pour qui sut déceler dans ses deux prestations les gestes les plus aboutis de cette matinale. Le Santa Ana sorti second fut fixé progressivement dans le capote avant de recevoir une ration de fer un peu latérale, Adrien Salenc intervenant ensuite au quite par chicuelinas un peu brouillonnes. Brindée à Juan Bautista, la faena débuta par esthétiques doblones genou plié, puis se poursuivit à droite par trois tandas de correcte facture; A gauche le bicho avait tendance à couper le terrain et Tibo dut allonger le bras pour le remettre sur une trajectoire plus rectiligne. Le Santa Ana réduisant ses charges, la faena tourna court. Tiers de lame un peu en arrière après manoletinas de conclusion, carré de descabellos. Silence.

Le Cuillé sorti en cinquième position, ardent et bien présenté, laissa une grosse partie de ses forces au premier tiers. Correctement accueilli, il prit deux piques un poil traseritas mais bien administrées par Gabin qui fut applaudi à sa sortie. Brindée à l’épouse du défunt ganadero, la faena fut bien menée, à droite comme à gauche, avec des gestes templés mesurés et classiques. Hélas le bicho ne put aller au bout de ses ambitions. Final par luquecinas, belle estocade complétée par deux descabellos. Salut au centre.

Adrien Salenc semble s’être retrouvé sur cette course. Après un début de saison un peu poussif, il a retrouvé son allure de croisière et c’est avec beaucoup d’entrega qu’il a abordé cette novillada. L’utrero de Los Galos, porteur du dossard n°3, lui permit une bonne série de véroniques et demie avant deux piques courtes prises en poussant un peu, l’ensemble entrecoupé de deux quites d’Adrien, d’abord par véroniques et demie moyennes, puis par faroles.  La faena ambidextre de bon niveau qui suivit fut marquée par une cogida spectaculaire mais heureusement sans conséquences. Beaucoup de décision et de vaillance chez le garçon qui conclut son travail par une lame sous-cutanée suivie d’une entière dans tout le haut. Oreille.

Le sixième novillo portait le fer des frères Gallon. Noble (à condition qu’on lui fasse les choses bien) et doté d’une belle charge, malgré des forces justes, il fut un bon partenaire pour Adrien qui l’accueillit par jolies véroniques dont deux en ouverture genou plié. Deux passages light par le cheval avant un second tiers bien mené où Marco Leal fut appelé à saluer pour deux belles poses de banderilles. Brindée à Tom Garcia et à son épouse (Tom avait peint un capote pour Adrien), la faena, débutée de rodillas, s’afficha à nouveau à bon niveau, à droite comme à gauche, malgré quelquefois des maladresses. Entière delantera caidita efficace. Deux oreilles.

Le prix au meilleur novillero fut attribué à Adrien Salenc, celui du meilleur novillo allant à « Artillero » de Los Galos.

A noter que les quatre derniers novillos de cette matinée approchaient les quatre ans.

Reseña et photos : Paco.

Arles – Feria de Pâques – Résume novillada dimanche matin from www.juan-bautista.com on Vimeo.

Les commentaires sont fermés.