Les Bonaparte et la tauromachie espagnole.

Ce 5 mai 2021 fut le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte à Sainte Hélène où il était en exil.

Empereur, il est aussi le fondateur de multiples institutions qui perdurent de nos jours : Conseil d’Etat, Code Civil , Code Pénal, préfets, grandes écoles, légion d’honneur.

Compte tenu de la crise sanitaire, sa ville Ajaccio ne pourra donner les festivités prévues. Modestement, j’honore sa mémoire par ce texte paru en 2012 :

Napoléon Bonaparte a eu la bonne idée de naître le 15 août 1769 à Ajaccio, la ville deviendra cité impériale. 

Jour marial par excellence, c’est la première contribution à la tauromachie (1) ; sachant que la Vierge Marie et ses différentes déclinaisons, la Macarena, del Rocio, de Soledad, sont majeures aux yeux du Peuple du Toro.

La deuxième est la victoire sur les troupes autrichiennes en Bavière, à Eckmühl, le 21 et 22 avril 1809. Ce succès donnera son nom aux célèbres arènes d’Oran (malgré une phonétique arabisante).

Après de nombreuses intrigues et une terrible répression dont le fameux «Dos de Mayo» immortalisé par Francisco Goya, Napoléon impose son frère aîné Joseph le 10 mai 1808. La charge royale avait été refusée par deux de ses frères Jérôme (2) et Louis, futur père de Napoléon III.

Joseph Bonaparte

En 1805, par décret royal (Real Celula), le roi Charles IV (Carlos) avait fait interdire les courses de toros sur tout le territoire espagnol. 

Joseph Napoléon I dit «Pepe Botella», participera de 1808 à 1813 à la remise au goût du jour des toros. Pour l’anecdote, il fut sauvé d’une cornada, lors d’une visite au campo à Colmenar, par Juan Lopez , picador de Pepe Hillo, après une chute à cheval devant un toro.

Il est l’instigateur (surtout financier) de la remise en état des arènes du Puerto et l’utilisation des billets d’entrée achetés sur place : l’ancêtre de la taquilla. Il impose les spectacles taurins le dimanche, en opposition avec un décret papal «interdiction de tacher de sang le jour du Seigneur».

Le 24 juin 1810 à Madrid, il présente un cartelazo : José Candido, Curro Guillen (3) et Lorenzo Baden. Il imposa la catégorie «sol y sombra» pour les places, les spectacles se déroulent matin et soir. Il fallait inverser les panneaux !

Le Roi intrus «el Rey intruso» perd son trône hispanique après la bataille de Vitoria. Pour la postérité, il fut peint par Francisco Goya.

Louis Bonaparte voit naître son troisième enfant à Paris le 20 avril 1808 : Charles Louis Napoléon plus connu sous le nom de Napoléon III. il sera le meilleur ambassadeur de la Tauromachie en France. Il épouse la Comtesse de Teba «Eugénie de Montijo» de presque vingt ans sa cadette .

Napoléon III et Eugénie de Montijo, Comtesse de Teba

« Ce que la Royauté et la République ont refusé , l’Empire l’accordera pour les beaux yeux d’une jeune fille ». La juvénile impératrice fréquente depuis l’enfance Biarritz pour ses eaux thermales.

Sous l’impulsion impériale, la localité de Saint Esprit des Landes aura le privilège d’organiser la première corrida à l’espagnole le 22 août 1852. Les saints espritoys verront le cartel suivant : José Ituarte «Zapaterillo», matador, Manuel Egaña demi-épée (suppléant du matador). Le bétail est navarrais, seul le dernier toro sera estoqué.

Deux nouvelles corridas s’effectueront le 23 et 24 août avec des fortunes diverses…

L’hymne national insulaire « DioVi Salvi Regina » conclura ce texte.

  • Pace e salute

Jacques Lanfranchi «El Kallista»
(5 mai 2021)

(1) le 15 août est certainement le jour où il y a le plus de spectacles taurins dans le monde.
(2) Un des descendants de Jérôme Bonaparte (frère de l’Empereur) le prince Charles Napoléon est un anti-corrida convaincu (et utilisé !) Histoire de famille.
(3) Farouche opposant à l’occupation française , il s’exilera au Portugal jusqu’en 1814 .

Photos DR
Bibliographie :

  • Histoire de la Tauromachie à Bayonne  – Claude Pelletier. UBTF 1989.
  • Politique et Tauromachie –  Jean-Francois Batte. UBTF 1993.