Le mystère Azaïs.

L’origine étymologique du nom Azaïs est occitane . Il peut également servir de surnom, désignant celui qui « est à l’aise », « heureux ». Le département de l’Hérault possède plus de six cents personnes portant ce patronyme.

Ce cliché paraphé (1) présente plusieurs particularités quant à la tenue de l’homme en piste. Un costume de raseteur (pantalon blanc et
chemise itou), une taiolle (large ceinture rouge) et une casquette sont souvent arborés en course landaise, et une passe de cape style
« véronique genou en terre ». Un véritable ornithorynque taurin que n’aurait pas renié le père de l’Évolution Charles Darwin.

La photographie représente René Louis Gabriel Azaïs (2) , né dans les années 1910. Il est restaurateur à Arles. Il participe à de nombreux spectacles taurins, type hispano-provençaux ; l’invention de ces « jeux taurins » était à mettre à l’initiative du landais Félix Robert (Pierre Cazenabe pour l’état civil) et de Pouly I (Etienne Boudin).

Georges Clavel, René Azaïs et un autre arlésien Bouffier accompagnés du beaucairois Michel pouvaient être sauteurs dans les spectacles de la famille Pouly, ou toreros, voire raseteurs.

René Azaïs gagnera la Cocarde d’Or le 3 juillet 1939 devant Jean Boncoeur dit « Titi », le meilleur cocardier de l’après midi était « Juif » de la manade Robert. Ce fut la dernière épreuve de ce nom avant-guerre.

Les hommes de toros n’échappèrent pas au terrible conflit. Titi Boncoeur meurt en 1944 sous les bombardements à Arles. René Azaïs fut arrêté à la Libération pour « intelligence avec l’ennemi ». Il s’évadera de sa détention à Mas Thibert, sera cuisinier sur plusieurs navires. Il s’exilera à Vancouver (Canada) sous le nom de Louis Robin, où il vivait encore en famille en 1998. Il avait 87 ans…

« Les choses de la Vie » (4), dirait Claude Sautet.

Jacques Lanfranchi « El Kallista ».
(Vendredi 13 novembre 2020)

(1) à l’ami Fortuné, en souvenir de La Garde (village du Var) le 16/5/1939.
(2) un Azaïs (costume mauve et or) avait toréé en tant « qu’attaqueur » avec Pouly II le 30/09/1906 à Arles, toros de Yonnet… Simple homonymie ou parenté ?
(3) Lors d’une rafle, sur le marché d’Arles, Georges Clavel fut arrêté et libéré grâce à Azaïs, (anecdote racontée par son fils Albert). Cosas de toros.
(4) célèbre film réalisé en 1970 sur la mélodie tragique de l’existence.

Bibliographie.

  • Lou Ferri, septembre 1906 Journal Taurin.
  • Cocarde d’Or André Chamand « Lebraou » 2007 éditions Gilles Arnaud.
  • La Cocarde d’Or mythes et réalités, 2002 livret mémoire réalisé
    par Josette Laget et Evelyne Lanfranchi.
  • The Globe and Mail (quotidien canadien) 1998.

Photos.

2,3,4 collection personnelle