Saint-Gilles. 24 octobre. Agréable tarde de toros.

Un soleil d’automne, une petite brise frisquette mais très supportable et un public venu en nombre (dans le respect de la jauge autorisée) pour profiter d’une tarde de toros agréable au terme d’une temporada ayant laissé bon nombre d’aficionados sur leur faim.

Pour ce spectacle, pas de palco, et donc pas de règles pour les changements de tiers et autres avis. Quant aux récompenses, elles furent laissées à l’appréciation des présents. On regrettera peut-être l’absence d’un paseillo, mais bon ce n’est pas un drame !

Côté bétail, trois novillos de Malaga (famille Callet) plutôt charpentés et donnant un bon jeu, le premier n’ayant hélas pas les moyens de ses ambitions.

Face à eux, trois de nos toreros tricolores dont un, Adrien Salenc, passé en 2019 dans les rangs des matadors mais qui n’eut que peu d’occasions depuis d’y affirmer sa valeur, la crise sanitaire mettant un coup de frein à sa carrière naissante. Même remarque pour les deux autres, Carlos Olsina et El Rafi, ce dernier voyant la pandémie l’empêcher de rejoindre Adrien dans la catégorie supérieure. Souhaitons que pour les trois ce ne soit que partie remise.  

Adrien Salenc débuta la tarde par la lidia d’un beau novillo qu’il salua par une poignée de véroniques avant de le confier aux bons soins du picador de service. On ne sait trop ce qui se passa mais le bicho roula sous les pattes de l’équidé lors de la rencontre. Il se releva en vacillant (des suites du châtiment ou d’un excès de poids ?) et se montra faiblard tout au long de la suite du combat. Dommage car ce premier Malaga afficha des qualités qu’il ne put exprimer pleinement. Adrien lui proposa une bonne faena ambidextre dont les meilleures séquences furent instrumentées sur la corne droite, le bicho se montrant court de charge sur le piton opposé. Le nîmois parvint tout de même à arracher à l’animal de méritoires naturelles avant de l’occire d’une entière caidita vite concluante. Deux oreilles.

Carlos Olsina reçut le second par véroniques appliquées avant de le faire châtier lors d’un unique puyazo pris en poussant, un châtiment qui, à mon avis, aurait dû être doublé, le cornu, du fait de sa vivacité, débordant un peu le jeune piéton par la suite. Quite du biterrois par navarras accrochées et demie, puis une faena ambidextre sous forme de gagne-terrain où le bicho prit souvent l’ascendant sur le novillero qui eut du mal à tenir la position. Un peu desconfiado, Carlos eut du mal à assurer le final avec la rapière, ne parvenant à se défaire du bicho d’une entière tendida qu’au quatrième assaut. Oreille tout de même.

El Rafi retrouvait la devise de Malaga une semaine après s’y être frotté lors de son rendez-vous istréen. Cette seconde rencontre s’avéra plus probante que la première. Il faut dire que le Malaga du jour afficha des qualités que ne possédait pas celui qui fut lidié dans les arènes du Palio. Bonne réception par delantales avant une unique ration de fer prise correctement, puis une faena où le nîmois signa de belles séries sur les deux bords, les séquences droitières s’avérant de meilleur son et de plus grand engagement. Le cornu se décomposa au final sur les deux dernières séries et Rafi eut le bon goût de ne pas insister, la suite ne pouvant qu’aller a menos. Hélas pour le garçon l’estoc fit défaut, l’entière contraire ne venant qu’au cinquième essai. Vuelta pour le bon novillo et oreille pour Rafi.

Notes.

  • Avant le début des débats, les participants et organisateurs reçurent un cadre-souvenir, Pierre-Henry Callet tenant à honorer particulièrement Benjamin Guidi, cheville ouvrière majeure de cette tarde.
  • Accompagnement musical discret et de qualité à charge du groupe flamenco Los Chiquitans.
Enhorabuena a todos et « A l’an que ven » (si Dios quiere !).
 
Reseña et photos : Patrick Colléoni « Paco ».