Istres. 18 octobre (matin). La seule oreille pour El Rafi.

La journée taurine d’Istres débuta sous un beau soleil d’automne par une novillada piquée à base de quatre devises françaises, Concha y Sierra, Cuillé, Yonnet et Malaga, combattues par deux de nos novilleros tricolores, Maxime Solera et El Rafi, que la situation sanitaire a empêché d’accéder au niveau supérieur.

Côté bétail, une course bien présentée avec des utreros qui affichèrent des comportements divers, le Cuillé se révélant le plus abordable de l’ensemble. Notons que chaque novillero a choisi le fer qu’il souhaitait affronter.

Maxime Solera eut pour premier adversaire un beau Concha y Sierra facilement reconnaissable à son pelage typique de l’encaste. Abanto de salida (trad : coureur et long à fixer à sa sortie), le bicho n’autorisa au diestro fosséen que quelques véroniques, certaines dessinées genou ployé. Après deux rations de fer, un peu poussée la première, trasera la seconde, Maxime dédia sa première faena à son meilleur ami (Florent Gautron pour le détail), une faena qui tourna court après quelques séries ambidextres de correcte facture, la corne droite s’avérant la plus abordable, la parcours gaucher ayant ses limites. Après avoir arraché quelques muletazos supplémentaires, Maxime mit fin au débat d’une bonne entière après essai infructueux de recibir. Salut.

Le garçon avait choisi d’affronter ensuite un novillo de Yonnet (porteur du fer d’Hubert). Après quelques capotazos de fixation, le pensionnaire de La Bélugue fut piqué légèrement à trois reprises, chargeant volontiers la pièce montée mais s’employant peu dans le matelas. Quite de Maxime par tafalleras entre les deux premières rencontres. Brindée à l’assemblée, la seconde faena vit le bicho mettre la tête correctement dans l’étoffe mais s’y livrant peu, obligeant le piéton à le solliciter pour en tirer le minimum syndical. D’où des séries inégales sur l’un et l’autre bord, un ensemble volontaire mais forcément décousu que Maxime parapha d’une entière contraire perpendiculaire et traserita longue d’effet. Silence.

Bonne pioche pour Rafi avec le bon Cuillé sorti en seconde position que le jeune nîmois réceptionné par véroniques et chicuelinas allurées, des chicuelinas qu’on retrouvera al paso (trad : en marchant) pour la mise en suerte face à la cavalerie. Après l’unique ration de fer, le protégé de Patrick Varin dessina un quite par zapopinas et demie, confiant ensuite son adversaire aux bons soins de sa cuadrilla pour un second tiers qui tourna à l’avantage de Marco Leal appelé à saluer. Brindée au public, la première faena ambidextre de Rafi, intiée de rodillas et plutôt bien construite, fut élégante mais manqua un peu d’engagement, le garçon se positionnant un peu fuera de cacho. Avec un bicho qui se décomposa au final, l’intensité baissa, une entière contraire trasera et tendida mettant un point final à la rencontre. Oreille après une paire de descabellos. 

Le novillo de Malaga qui concluait cette mise en bouche matinale était roulé comme un toro. Après quelques capotazos, l’animal poussa tête haute contre le matelas lors de l’unique châtiment qu’il reçut. Après brindis à Juan Leal, Rafi s’aperçut que le Callet n’était pas venu pour lui faciliter la tâche. Bien doublé par le bas lors de l’entame, l’utrero se serra sur l’homme dès les premiers muletazos, le nîmois parvenant à contenir les charges mais sans pouvoir vraiment se montrer maître du jeu, ce qui lui vaudra une cogida heureusement sans conséquences. Le nîmois insistera sur la corne gauche mais faute de pouvoir s’imposer au mauvais coucheur, il l’expédiera ad patres d’une entière tendida portée au second assaut. Palmas.

Reseña et photos : Patrick Colléoni « Paco ».