Gira de Reconstrucción ou entreprise de démolition ?

La Gira de Reconstrucción (tournée de reconstruction) de la tauromachie était à la base une potentielle bonne idée pour maintenir à flots une Fiesta malmenée en ces temps de Covid.

Initié par la Fundacion del Toro de Lidia (FTL), le projet n’apporte rien de nouveau par rapport à ce qui se faisait dans « le monde d’avant ». 

Alors que nombre de petits ganaderos sont en train de disparaître, la tournée de reconstruction met en piste des élevages qui, pour la plupart, n’ont guère besoin d’être aidés. Voyez plutôt (dans l’ordre de sortie) : Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Garcigrande-Domingo Hernandez, Daniel Ruiz, Garcia Jimenez, Zalduendo, El Capea, Victoriano del Rio, Fuente Ymbro, Alcurrucen, Nuñez del Cuvillo, Jandilla, La Quinta, Fermin Bohorquez, Montalvo, Luis Algarra, El Pilar, Torrestrella, Miura et Victorino Martin.

Cette liste ne vous rappelle rien ? Pour moi, elle ressemble fortement à l’éventail ganadero proposé par la Feria de Séville année après année. Côté bétail, on reste entre gens de bonne compagnie. Côté toreros, c’est à quelque chose près la même sauce qui nous est proposée.

Ainsi, beaucoup de toreros voient passer la temporada sans se voir offrir une opportunité, la troisième place du cartel qui leur était auparavant réservée ayant disparu, et les deux autres places étant dans la majorité des cartels attribuées aux leaders de l’escalafon.

Face à un public forcément restreint, c’était le moment de faire découvrir aux aficionados des novilleros et matadors qu’on voit peu, avec un risque financier limité. Hélas, le sujet n’est pas d’actualité et rien ne change dans le domaine de la Fiesta.

A Ubeda avant-hier El Juli était à l’affiche. Et que croyez-vous que l’on a vu lidier ? Des Garcigrande-Domingo Hernandez comme d’habitude, fades, sans fond et justes de présentation. Est-ce avec cela qu’on va « reconstruire » ?

Certains diront qu’en ces temps compliqués, il faut se montrer unis et non critiquer ce qui se fait. Mais ce qui se fait n’est autre que la démolition qui continue, sous une autre forme. 

Le danger d’auto-destruction de la Fiesta se voit augmenté par les attaques extérieures, végan et autres, qui ciblent nos traditions et qui nous préparent un avenir coupé de nos racines si on ne réagit pas de façon positive. Le danger est d’autant plus grand que ces attaques sont financées par des fonds importants venant le plus souvent de groupes américains connus qui, de plus, possèdent les plus grands médias. 

La Fiesta est menacée de l’intérieur et de l’extérieur. Survivra-t-elle à la crise sanitaire ? La question est posée et le monde taurin détient une partie des clés. Saura-t-il les utiliser ?

Vu le contexte, et après avoir assisté à la télévision aux premiers spectacles, je ne m’attarderai pas à commenter leur contenu sur le site et ne perdrai désormais plus mon temps à les suivre.

Résultats bruts des derniers spectacles (sans commentaires, notamment sur les trophées).

  • Cabra. 24 septembre. Gira de Reconstrucción (1).
    Toros de Santiago Domecq.
    Manuel Escribano : oreille et oreille.
    Roman : salut et deux oreilles.
  • Cabra. 25 septembre. Gira de Reconstrucción (2).
    Toros de Juan Pedro Domecq.
    Enrique Ponce : palmas et deux oreilles.
    Curro Diaz : oreille et oreille.
  • Granada. 26 septembre.
    Toros de Juan Pedro Domecq.
    Enrique ponce : oreille et deux oreilles.
    Curro Diaz : ovation et oreille.
    Sébastien Castella : oreille et oreille.
  • Castellar de Santiago. 27 septembre.
    Toros de Santa Ana et Virgen Maria (6°).
    Calita : salut et deux oreilles.
    Fernando Tendero : oreille et oreille.
    Mario Sotos (alternative) : deux oreilles et oreille.
  •  Ubeda. 1er octobre. Gira de Reconstrucción (3).
    Toros de Garcigrande-Domingo Hernandez.
    El Juli : salut aux deux.
    Alvaro Lorenzo : deux oreilles et salut.