Nîmes. 20 septembre. Tarde de expectación, tarde de decepción.

La Feria des Vendanges, qui a eu le mérite d’exister, aurait dû se terminer par une tarde d’exception. Ce ne fut pas le cas.

Côté bétail, les toros du jour (cinq Jandillas et un Vegamermosa), sosos comme ce n’est pas permis, ont distillé l’ennui toute la tarde, rendant cette dernière corrida ennuyeuse au dernier degré. 

En ce qui concerne les piétons, un mano a mano est censé être une opposition entre deux toreros, chacun voulant montrer à l’autre qu’il est le meilleur. Mais hélas, les deux diestros sont restés chacun dans leur coin à faire leurs petites affaires et la confrontation tant attendue a tourné en eau de boudin.

A peine une intervention au quite du biterrois sur le second toro de l’extremeño, guère de mises en suerte originales face au cheval, bref chacun restant sur son quant à soi. Une corrida qui se voulait exceptionnelle et qui rejoindra le monton des corridas ordinaires qui jalonnent les temporadas année après année. Après le festival du mois dernier à Béziers où les deux toreros nous avaient mis l’eau à la bouche, on s’attendait raisonnablement à autre chose. 

Sébastien Castella salua le premier Jandilla par une poignée de véroniques avant de le faire châtier a minima, puis de lui proposer une faenita proprette (brindée au maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier) dont on ne retiendra guère que le temple et la douceur des muletazos proposés à un cornu qu’il fallait ne point trop obliger. mais qui finit malgré tout a menos. Quelques jolies naturelles pour le souvenir. Entière caida pour envoyer le bicho au desolladero. Silence.

Le biterrois hérita ensuite d’un jabonero guère plus costaud qu’il mena vers le lancier par chicuelinas al paso pour deux piqûres symboliques, invitant ensuite le Jandilla à entrer dans le capote pour un quite par saltilleras, tafalleras, faroles et larga. Initiée par une passe cambiada, la seconde faena ambidextre de Sébastien fut à l’identique de la première, propre mais sans transmission. Final comme d’habitude dans les terrains de proximité avant entière traserita et latérale. Nouveau silence poli.

Le quinto nous réveilla un petit peu car le natif des bords de l’Orb sentit qu’il fallait appuyer sur l’accélérateur. Bonne série de véroniques, demie et larga avant la vaccination d’usage en deux épisodes entrecoupés d’un quite du sobresaliente Jérémy Banti par chicuelinas. Débutée au centre par un cambio por la espalda, le troisième faena de Castella fut moins soporifique que les précédentes, le Jandilla manifestant plus de présence que ses frères. De bonnes séquences droitières, la corne gauche s’avérant moins propice au bon toreo, et la traditionnelle séquence encimista précédant la non moins habituelle estocade de côté. Une oreille pour le biterrois, la seule du jour.

Miguel Angel Perera, vu à très haut niveau le mois dernier, ne laissera guère de trace de son passage par l’amphithéâtre de la cité des Antonins. RAS au capote lors de la réception du seul Vegamermosa de la course qui prit ensuite deux rations de fer modérées, puis un quite de l’extremeño par tafalleras et gaoneras un peu chiffonnées. Faena ambidextre limpia mais sans saveur conclue par un bajonazo. Silence. 

Une poignée de véroniques pour accueillir le quatrième qui parvint à lever le cheval mais qui s’en tint à cette « prouesse » par la suite. Deux picotazos pour ce Jandilla qui fit illusion une dizaine de secondes avant un parcours en forme de Chemin de Croix de par ses nombreuses génuflexions. Deux cambios por la espalda dessinés de rodillas au centre, puis une faena ambidextre qui se dilua au fil des forces déclinantes du cornu, le diestro paraphant son trasteo par luquecinas avant de loger sa rapière de côté. Deux descabellos. Salut.

Le quinto fut reçu par quelques véroniques avant de se faire égratigner règlementairement le cuir par deux fois, les deux visites dans le peto entrecoupées d’un quite du titulaire par chicuelinas et larga. Brindée à Pierre Gagnaire, récent chef de l’Imperator, la dernière faena de la Feria des Vendanges nous reconditionna pour la nuit à venir, à l’exception d’une paire de séquences un peu moins soporifiques que l’ensemble. Entière caida pour nous libérer de ce pensum. Silence.

Avant de clore le chapitre, petit coup de chapeau tout de même aux organisateurs et décideurs qui ont fait que cette Feria, même imparfaite, existe, alors que beaucoup de plazas de toros, et non des moindres, ont jeté l’éponge. 

Dans cette cité romaine, « Rendons à César ce qui est à César ».

Reseña et photos : Patrick Colléoni « Paco »

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