Arles. 13 septembre (matin). Adam Samira le plus en vue de la novillada matinale.

Novillada matinale mixte 100 % arlésienne avec quatre novillos de Yonnet (1° et 2°) et Fernay (4° et 5°) pour Adam Samira et Tristan, anciens élèves de l’Ecole Taurine du Pays d’Arles, et deux erales de Jalabert (3° et 6°) pour Fabien Castellani, actuel élève de l’école taurine locale.

Côté bétail, les Yonnet (de gabarit correct et d’armures modestes) manifestèrent plus de tempérament que les Fernay magnifiques de présentation. Quant aux erales de Jalabert (un peu faiblard le 3°), ils furent dans le type requis pour la catégorie.

Face au Yonnet d’ouverture, Adam Samira dessina une poignée de correctes véroniques avant de laisser son adversaire dans les mains de son picador qui ne fit pas de cadeau au pensionnaire de La Bélugue lors de deux puyazos pompés, le second sans mise en suerte. Après avoir brindé son novillo à Juan Bautista, Adam fit face avec beaucoup d’aplomb à cet animal qui chassait, calculait ses charges et freinait dans l’étoffe. Bon trasteo de l’arlésien qui composa une faena ambidextre de bon niveau, souvent périlleuse et conclue par un estoconazo des plus sincères en se jetant sur le cornu, finissant bousculé heureusement sans mal. Oreille justifiée.

Après quelques correctes véroniques rématées par demie, le Fernay sorti en quatrième position fut ménagé au cheval en deux rencontres, subissant un court premier châtiment précédant un picotazo. Quite assez original de Tristan qui après trois chicuelinas aguanta fort bien une larga cambiada afarolada de rodillas.

Brindée au conclave, la faena débuta par une petite voltereta signant peut-être un excès de confiance du garçon qui reprit très vite les commandes, composant des séries ambidextres de correcte facture prenant en compte l’absence d’innocence du Fernay qui ne laissait pas place aux hésitations. Final par circulaires inversées et manoletinas avant entière contraire au second assaut, laquelle fut assortie de deux descabellos. Salut.

Ce second jour de feria marquait pour Tristan une nouvelle étape de sa jeune carrière, celle du passage en piquée. C’est face au second utrero de Yonnet que le garçon fit ses premières armes dans la catégorie, avec somme toute une certaine réussite, le point faible demeurant la mise à mort. Après quelques véroniques inégales, l’arlésien présenta son adversaire face au uhlan pour une première pique en carioca suivie d’une seconde, puis d’une troisième administrées dans les règles. Salut de Mehdi Savalli pour deux bonnes paires de bâtonnets.

Face à un novillo qui venait fort et se retournait vite, Tristan sut trouver la bonne distance, même s’il se désunit parfois en cours d’un trasteo appliqué et plein d’entrega. Achevant sa faena par circulaires inversées et manoletinas, le garçon pincha par deux fois avant de laisser une trois-quart delantera qui dut être complétée par un descabello presque suffisant, le novillo chutant sur un deséquilibre occasionné par le péonage. Salut.

Le quinto était aussi un Fernay de belle allure qui fut salué à son entrée par une larga cambiada afarolada de rodillas, laquelle fut suivie d’un ensemble composée de véroniques et de chicuelinas rématées joliment à une main.

Brindée au public, la seconde faena de Tristan fut presque exclusivement droitière, le passage à gauche assortie d’une cogida s’avérant périlleux à chaque tentative. Final par manoletinas avant entière contraire hémorragique portée au second assaut. Salut.

Fabien Castellani faisait ses débuts dans une grande arène et dans l’ensemble il se montra appliqué, bien que de nombreuses scories (normales à ce niveau) aient marqué ses deux prestations. Face au premier Jalabert un peu faiblard, il dessina dans un premier temps quelques véroniques et demie de correcte exécution, puis des chicuelinas du même tonneau.

Muleta en mains, confronté à un bicho dont la faiblesse fut aggravée par une vuelta de campana, il essaya de réciter les leçons apprises à l’école avec beaucoup de volonté et d’application mais plus ou moins de réussite, perdant la muleta à plusieurs reprises. Après les habituelles circulaires inversées et quelques manoletinas, il tua d’une entière contraire un peu latérale et récolta une oreille d’encouragement.

Pour clore la matinée, il s’en fut attendre son second Jalabert de rodillas face au toril. Après une larga cambiada et quelques véroniques un peu approximatives, Fabien revint face à son opposant pour quelques véroniques moyennes rématées par demie.

Brindée à Patrick de Carolis, le nouveau maire d’Arles, la faena du garçon fut de moindre niveau, souvent chiffonnée d’un côté comme de l’autre. Le meilleur de son trasteo, une lame entière en place qui lui valut de saluer.

Reseña et photos : Patrick Colléoni « Paco« .

Un diaporama de la corrida paraîtra dans les jours à venir.