Adrien Salenc. La volonté au bout de l’épée.

Cette année 2020 sera à vite oublier… Déception majeure des aficionados, elle est celle de la frustration des toreros et plus encore des plus jeunes comme Adrien Salenc. 

Au terme d’une bonne alternative et d’une dernière corrida de triomphe à Bayonne, il pouvait sereinement envisager 2020 comme un bon tremplin pour l’avenir de sa carrière. « Nous pouvions espérer en toute logique une quinzaine de contrats. Certains étaient signés et basculèrent dans les cascades d’annulations du début du printemps », explique son apoderado Olivier Baratchart.

Pour autant Adrien Salenc, dépité, a fait front. Comme beaucoup, il s’est tourné vers les tientas et des « puertas cerradas » souvent entrouvertes pour quelques aficionados privilégiés.

Il faudra rajouter à ses tientas, une quinzaine de toros, tant en France qu’en Espagne. Un de ses meilleurs souvenirs, chez Antonio Bañuelos, à côté de Burgos, où il a mis un toro en valeur au point que le ganadero a décidé de le gracier.

On l’a retrouvé, avec chaque fois de beaux succès, chez Jérôme Bonnet, chez Jean-Luc Couturier, chez les Jalabert… jusqu’à cette excellente nouvelle où il a appris qu’il participerait à la Feria du Riz d’Arles. Le samedi, il fera le paseo avec El Juli et Paco Ureña avant d’affronter, dans cette corrida-concours, un toro de Santiago Domecq et un second de Pagès-Mailhan.

Aussi est-ce avec encore plus d’ardeur qu’il poursuit la préparation pour cette journée.

Dans cette optique, dimanche dernier (29 août), il participait à une fiesta campera, dans le Gers, chez Jean-Louis Darré. Séduisant le matin lors de la tienta, on l’a ensuite vu très volontaire devant un toro du Camino de Santiago de cinq ans, montrant une belle décision dans son coup d’épée parfait et concluant dans la seconde qui suivait. Il n’avait pas été précédé par un pinchazo, comme je l’ai écrit par erreur dans une première chronique. D’autant plus intéressant pour lui que ce toro est d’origine Santiago Domec, le sang qu’il va retrouver à Arles.

Adrien Salenc poursuit aujourd’hui son entraînement avec la ferme volonté de réussir sa corrida arlésienne.

Jean-Michel Dussol