Les Saintes Maries de la Mer. 9 août. La prestation de Léa Vicens vue par Freddy Porte.

Bas les masques. Je n’en ai point ! … Ah bon ! …
Les français sont terribles : ils jouent des coudes au moment où il faudrait se les serrer, et ils sont au coude à coude lorsqu’on doit garder ses distances.

Venons-en au fait.

Léa Vicens fit le paséo avec Diluvio. Après une minute de silence en hommage à Robert Barrachin, victime du Covid 19, la cavalière ouvrit le bal avec Guitarra pour recevoir le premier toro des frères Gallon.

Portant le n° 79, répondant au nom de Galindo II, il se montra d’une grande noblesse et donna du jeu sans jamais inquiéter la torera. Un seul rejon de castigo en bonne place lui permettra de garder de l’allant tout au long du combat.

Trois banderilles de face avec Bético citées au pas espagnol. Trois bâtons également avec Bazuca posés de face, arrêté à quelques mètres des cornes, l’attention du bicho étant obtenue par une gracieuse jambette. La première fut la meilleure avec batida bien décomposée.

Déséado entra en piste pour deux roses posées avec rythme couronné d’une jolie levade.

Léa perdit les trophées aux aciers. Avec Espontanéo, c’est un mete y saca, un pinchazo, une entière et un descabello qui furent nécessaires pour conclure.

La nîmoise revint en piste en 4ème position. Son second opposant portait le n° 47 et avait pour nom Destreciado. Il avait 4 ans révolus. Apparenté à une célèbre lignée ayant brillé dans les ruedos, Jean-Pierre et Michel Gallon ne le quittaient pas des yeux.

Léa le reçut avec Cléopatra, une nouvelle jument de salida de robe baie de type croisée. Un peu moins pratique que la jument isabelle ou Bach (il faut bien faire ses armes), la rencontre fut moins précise, le châtiment fut posé à bout de bras et le manche lâché.

Un second fer fut nécessaire et celui-ci en bonne place. Néanmoins le premier un peu de côté nous sembla occasionner une légère gêne dans la locomotion de Destreciado.

Quatre banderilles lui furent posées avec Diluvio. La réjoneadora nous surprit avec un beau gris faisant des débuts très prometteurs de future star. Diamante, c’est son nom, est surprenant par ses expressions toreras hors du commun et un engagement sur la corne contraire spectaculaire. Il fut l’auteur de deux belles rencontres avec batida au terme desquelles la cavalière posa successivement deux bâtons.

Deseado revint pour deux roses et Espontaneo pour une entière qui libéra un puis deux mouchoirs du palco.

Avec deux oreilles, Léa Vicens sortit a hombros en compagnie de Juan Léal.

Reseña : Freddy Porte (12-08-2020)
Photos : Patrick Colléoni « Paco ».