Adieu Monsieur Magnan.

Casquette et gants blancs, d’une élégance rare, une voix harmonieusement posée, toujours accompagné de son égérie, la brune Claude, nous ne verrons plus ce couple dans les arènes. Ce lundi 20 juillet, Jean-Marie Magnan est parti…

En 1999, lors de la présentation du premier court métrage dédié à Juan Bautista, intitulé « La belle histoire » (1), il m’avait simplement dit : « Bien Lanfranchi ». Quel compliment !

Le romancier et essayiste, discret dans la vie, était un virtuose des mots. Chaque texte donnait une symphonie qu’il dirigeait avec maestria.

Maints écrits étaient consacrés aux toreros français, Christian Montcouquiol, Jean-Baptiste, Sébastien Castella, Thomas Joubert, mais aussi Paco Ojeda et le « Faraon de Camas » auquel il vouait un véritable culte.

Celui qui écrivit « le Diseur de rien » (2) disait beaucoup !

Il a retrouvé son pendant photographique , Lucien Clergue, et dans le cercle des poètes disparus, ses amis, Jean Cocteau, Jean Genet, Michel Tournier sont heureux , nous tristes.
Adieu l’artiste !

Photo ci-contre avec Lucien Clergue. Crédit photo : La Provence-Jérôme Rey.
Photo du haut : crédit photo Ville d’Arles-Patrick Mercier.

Clair de lune de Debussy par Victor Borge

Jacques Lanfranchi « El Kallista »
(24 juillet 2020)

(1) La Belle Histoire court métrage de Jacques Lanfranchi et Vincent Garcia 1999
(2) Gala Eluard, épouse de Salvador Dali, véritable muse de l’artiste

Biographie

Originaire d’Arles, Jean-Marie Magnan se passionne rapidement pour la peinture et la tauromachie. 

Diplômé d’histoire du Moyen-Age et de psychologie, il interrompt ses études à vingt ans. En 1956, il rencontre Picasso et Jean Cocteau, en compagnie du photographe Lucien Clergue, autre arlésien de naissance. 

Il collabore ensuite aux principales revues taurines françaises et espagnoles ainsi qu’à des hebdomadaires et journaux littéraires, ‘Les Cahiers du Sud’ et ‘Sud’ notamment. 

Il s’installe à Paris en mars 1968. Romancier et essayiste, il se lie d’amitié avec Michel Tournier, Yves Berger mais aussi François Nourissier, Edmonde Charles-Roux et Georges-Olivier Châteaureynaud. Il sillonne l’Espagne, où il côtoie de nombreux toreros. 

Il fut un temps l’une des plumes majeures de la revue Toros et membre de l’Association des Critiques Taurins de France (ACTF).

Jean-Marie Magnan est décédé ce lundi 20 juillet 2020. Il avait 91 ans. RIP.