Pablo : Vallauris de Toros.

Pablo Picasso est né à Malaga (Espagne). Cet important centre potier hispano-mauresque l’inspira en partie pour ses périodes bleue, rose, et cubiste, la plus prolifique la Vallaurienne.

En 1946, il arrive au Salon annuel des potiers à Vallauris. Il s’arrête devant le stand de l’atelier Madoura, propriété de Suzanne et Georges Ramé. Il succombe au charme de la poterie et de la commise.

Ce 26 juillet, la céramique va quitter son aspect utilitaire, au mieux décoratif pour acquérir ses lettres de noblesse ; le Maître façonne trois pièces, une tête de faune et deux  toros miniatures !!

 

A partir de 1947, il s’installera à la propriété La Galloise avec sa compagne Françoise Gilot et les deux enfants : Claude et Paloma.

 

De 1946 à 1971, c’est une déferlante de plus de 4000 mille œuvres qui sera réalisée.

Vallauris va se révéler au monde de la Culture, au cinéma avec Grace Kelly, Grégory Peck, Marguerite Carmen Cansino, sévillane par son père et dont la mère lui donna son apodo célèbre « Rita Hayworth ». Elle épouse le Prince Ali Khan au village en mai 1949.

Mais aussi aux Belles Lettres : Paul Eluard, Jean Cocteau. Jean Marais, Chagal, Aragon seront également les hôtes du peintre. 

Pablo épousera, comme dirait Claude Nougaro, la femme de sa mort, Jacqueline Roque, en mars 1961. Un demi-siècle les sépare.

« Au fond, il n’y a que l’amour, quel qu’il soit ». Pablo Picasso.

 Le 12 août 1959, il créera et offrira au Musée d’Art Moderne de Céret la série des coupelles consacrée à la corrida ; il fréquentera assidûment la placita catalane.

Picasso offrit également des spectacles sans mise à mort à Vallauris. Le 29 octobre 1961, pour les 80 ans du peintre, les Vallauriens et le parti communiste (Pablo avait adhéré en 1944) vont organiser une corrida.

Les antis (déjà) invoquent la Loi Grammont, et obtiennent une interdiction préfectorale.

André Malraux, ministre de la Culture, lèvera l’ordre du Préfet (quelle moment !), mais pas l’amende (un million de l’époque).

Au cartel, Luis Miguel Dominguin, parrain de l’un des enfants de Picasso, Domingo Ortega « Le Diamant de Borox » et Andres Vasquez.

Le festival (gratuit) se déroulera devant 5000 personnes en présence notamment du patron du parti Communiste français, Jacques Duclos.

Andres Vasquez, disparu des radars, le spectacle se résumera à deux lidias, chaque Maestro estoquant un novillo originaire de l’élevage de son compagnon de cartel.

Dernier spectacle avec mise à mort dans le célèbre village potier. 

Dernière vuelta pour le cabriolet NN Renault de 1925 dit «à cornes», conduit par son propriétaire Gilbert Valentin avec l’artiste à bord

Pablo Picasso s’éloignera de Vallauris, mais pas de l’atelier Madoura. Il s’établira à Mougins, où il quittera « le ruedo de sa vie » le 8 avril 1973, à l’âge de 91 ans dans son mas « Notre Dame de Vie »…

Les spectacles taurins perdureront jusqu’aux années 80, avec des caballeros en plaza  tels que Gilbert Romero, Serge Lajoux, Maurice Bellagamba, Jacques Bonnier et  des novilleros comme Pedro Romero, Julio Romero…, la troupe comico-taurine de Françis Espejo « Los Espejitos», Raymond Montero, Albert Clavel, ainsi que des forcados.

Tous ces événements se déroulent aux arènes portatives du stade municipal, pour la fête,   le deuxième week-end de juillet comme celle de Céret de Toros.

Je brinde ce texte à nos amis cérétans Christiane et Alain Aspar, on ne fêtera pas les trente trois ans de l’ADAC, sur les tendidos de la plaza.

Grandissimes remerciements à Yvette et André Cousinié , vallauriens devant l’éternel pour les documents.

Jacques Lanfranchi « El Kallista»
(
21 juillet 2020)

Crédits photos : droits réservés

Bibliographie

  • In Toros n° 687 Daniel Schmitt (1961).
  • In Nice Matin « Picasso à Vallauris » (2004).