Avila. 18 et 19 juillet. Première Feria post-déconfinement.

Retour des toros à Avila en cette période critique où les spectacles taurins ne sont pas légion. Pour cette entrée en matière, les organisateurs avaient choisi de présenter deux corridas de styles différents, une le samedi à connotation torerista avec le fer de Vellosino et une le dimanche à connotation torista avec celui d’Adolfo Martin.

Samedi 18 juillet. Triomphe d'Alberto Lopez Simon

La première corrida, qu’on baptisera « du déconfinement »,  a vu le triomphe d’Alberto Lopez Simon qui a coupé une oreille à chacun de ses adversaires, le public réclamant à chaque fois un second trophée que le palco refusa sagement d’accorder.

Face à un premier toro finissant a menos, Juan Serrano « Finito de Cordoba » laissa quelques séquences de bon goût sur la corne droite, le passage à gauche s’avérant infructueux du fait de la condition de l’animal. Final sans succès transformant un possible trophée en un salut. 

Le quatrième afficha une piètre condition qui ne permit pas au cordouan de se hisser vers le succès. Nouveau salut.

Ernesto Javier « Calita » fit le maximum pour tirer parti d’un premier opposant offrant peu de possibilités. Le final en se jetant sur l’animal ne put compenser le peu de consistance d’une faena compromise par la faible qualité du cornu. Silence. 

Face à un quinto de belle présentation, le mexicain signa un second travail de qualité, principalement sur la corne gauche  d’un Vellosino proprement et rapidement estoqué. Oreille.

Alberto Lopez Simon s’illustra en recevant le troisième de belle manière, puis au dernier tiers afficha beaucoup d’envie, une qualité que le bicho ne partegea pas avec le piéton. Oreille après une grande estocade. 

Le dernier toro de la course se trouva être le meilleur de l’envoi. Le madrilène fit à nouveau étalage d’entrega et de temple lors de cette seconde faena qui s’acheva à nouveau par une belle lame. Oreille synonyme de Puerta Grande en temps normal, mais que les dispositions sanitaires ne permirent pas.

Vellosino

Toros de Vellosino affichant beaucoup de mansedumbre et peu de caste, le sixième au-dessus du lot.

Minute de silence à l’issue du paseillo en hommage aux victimes du Covid-19, minute de silence suivie de l’hymne national.

Merci à Philippe Gil Mir pour les photos.

Dimanche 19 juillet. Une oreille pour chacun.

Seconde et dernière corrida de cette Feria d’Avila avec des toros d’Adolfo Martin dont le ramage fut loin de valoir le plumage, pour se remémorer le texte de La Fontaine, à savoir un trapio digne d’une arène de première catégorie mais une caste défaillante et un parcours limité, à l’exception du bon cinquième. Bref du contenant mais pas de contenu.

Face à son noble premier, Octavio Chacon laissa de bonnes choses sur la droite avant que le bicho ne réduise la voilure. Oreille après une bonne estocade.

Le quatrième Adolfo avait peu de choses à dire. Octavio en tira volontairement ce qu’il put, faute de mieux. Salut.

Morenito de Aranda hérita d’un premier opposant qui le laissa inédit au capote et qui fit son devoir avec bravoure face au cheval. Au dernier tiers, pas grand chose à tirer de l’animal, mal tué au final. Palmas.

Le quinto fut le toro de la course, et le garçon en profita pour composer un travail de qualité à droite, tirant ensuite à l’unité de valeureux muletazos sur le bord opposé. Oreille après une bonne mise à mort.

Gomez del Pilar, qui remplaçait Manuel Escribano opéré d’urgence d’un mélanome à la suisse droite, ne put rien tirer du troisième lors de son entrée en piste. Au dernier tiers, l’expérience et la volonté s’imposèrent à un Adolfo brusque et exigeant. Les meilleurs moments vinrent sur la main droite avant une grande estocade qui fit apparaître un mouchoir au palco.

Reçu par une larga cambiada de rodillas, le sixième s’avéra être un adversaire dur et compliqué. Le torero fit face valeureusement, volant de méritoires muletazos avant de cloturer le débat d’une lame basse. Palmas.

Andrés Revuelta et Fernando Sánchez ont salué à l’issue du  second tiers au second toro de la tarde.

Fernando Sánchez  salua à nouveau à l’issue du second tiers au cinquième, cette fois en compagnie de José Manuel Zamorano.

Comme la veille, la course se déroula en tenant compte des mesures sanitaires en vigueur.

Merci à Philippe Gil Mir pour les photos.