Espagne. La Tauromachie en danger face au Covid-19 … et au gouvernement !

La tauromachie serait-elle en danger de disparition dans le pays qui l’a vue naître ? A suivre les débats sur les médias espagnols, il semblerait que la crise sanitaire soit l’alliée des anti-corrida pour avancer vers ce but non officiellement revendiqué par le gouvernement en place mais sous-jacent dans sa posture.

Pedro Sánchez Pérez-Castejón
Pablo Iglesias Turrión
José Manuel Rodríguez Uribes

Le premier ministre, Pedro Sánchez Pérez-Castejón (PSOE), le vice-président, Pablo Iglesias Turrión (Podemos), et le ministre de la culture, José Manuel Rodríguez Uribes (PSOE), ne cachent pas leur hostilité vis à vis de la tauromachie qu’ils souhaiteraient voir disparaître.

L’équation n’est pas simple à résoudre car une opposition frontale aurait peu de chances d’aboutir. Ils ont donc résolu d’asphyxier le secteur par des mesures financières et sanitaires.

Financières en niant l’aspect culturel de la Fiesta et donc en l’excluant des mesures de soutien au monde de la culture. Sanitaires en imposant un cahier des charges impossible à remplir, notamment au niveau de la distanciation sociale qui diviserait par dix le nombre de spectateurs potentiel désirant assister à un spectacle taurin.

Exit donc les corridas, novilladas et autres spectacles de rue, exit les aides financières pour soutenir le secteur, et par voie de conséquences des ganaderos, des toreros, des empresas de caballos, et tout le petit monde qui gravite autour du mundillo, sur le point de rendre l’âme.

On compte par milliers les bovins qui partent à l’abattoir, et qui dit surproduction dit baisse du prix de la viande payé aux éleveurs.

Non content d’obliger le secteur à sacrifier une partie (et pour certains la totalité) de l’outil de travail, on dévalorise le labeur des ganaderos par un prix rendu inférieur au prix de revient.

Quant aux toreros, si les leaders de l’escalafon ont les reins solides, heureux sont ceux qui avaient un travail en parallèle de leur activité taurine, car leurs confrères qui ne sont pas dans ce cas peinent à survivre.

Il en est de même pour les organisateurs, à une échelle semblable à celle des toreros.

On pourrait y ajouter les commerçants divers privés d’une importante source de revenus générée par les ferias. 

Bref, pour faire court, rien ne va plus outre-Pyrénées dans le domaine des toros.

Heureusement quelques initiatives ont vu le jour et l’on évoque, moindre mal, la possibilité de lidier des toros en semi-privé (sans public ou avec public restreint) face aux caméras (Castilla la Mancha, Andalousie), un moyen ténu pour améliorer le sort des toreros et ganaderos, et qui pourrait aider certains à tenir provisoirement la tête hors de l’eau.

Le mundillo se mobilise contre la censure dont il est victime, des projets de manifestations sont à l’étude (« Paseo en defensa del sector taurino » prévu le 24 mai, mais aura-t-il lieu ?) à Sevilla, Huelva, Badajoz, Toledo, Murcia, Albacete, Granada ou Jerez.

Nous n’évoquons ici (et de façon condensée) que la crise espagnole, mais elle est aussi présente dans nombre de pays taurins, la France notamment. Nous y reviendrons dans un second temps. A suivre…