Toros bravos à Méjanes.

Dans le cadre de l’histoire de Méjanes, histoire narrée par Michèle Ricard sous forme de chroniques quotidiennes qui vont sont proposées sur le site depuis deux semaines, Jacques Lanfranchi, après avoir évoqué la première tienta (voir article), nous conte la première temporada à Méjanes. 

Toros Bravos à Méjanes.

Depuis quelques semaines, Madame Michèle Ricard feuillette avec nous l’album familial concernant Méjanes.

Après le récit de la première tienta, voici la narration de la première temporada au domaine, soit en 1959.

Dans les années 1950, une grande arène (4000 places) remplace le bouvaou (1). La photo de Jean-Pierre Brocarel immortalise une barrera dans la place de
Méjanes, ce jour là…

De gauche à droite : Béatrice Paule Ricard « Betty », Julien Pattarone, Danielle Ricard, César Giron et le « Patron ». (2).

C’est la première corrida dans cette plaza, c’est une novillada ! Déjà remise une fois, nous sommes le 7 juin 1959.

De droite à gauche : Adolfo Aparicio « Civil » (neveu de Julio), Victoriano Quesada, au centre Victoriano de la Serna (fils). Ce dernier fut ajouté car le mano a mano était compromis par la blessure de « Civil » le 30 mai à Caceres.

Les toros sont d’Alberto Gonzales Carrasco (origine Vasquez- Nuñez ).

Francis Cantier, directeur de « Toros », nous résume la course :

  • Adolfo Aparicio : (bleu outremer et or) : « regular » au quatrième.
  • Victor Quesada (lilas et or) : vuelta et une oreille.
  • Victoriano de la Serna (tabac et or) : une et deux oreilles.

Les toros (novillos) : le premier brave et noble, le cinquième et le sixième avec caste, deuxième et quatrième mansos, troisième manso avec banderilles noires. 

Paquito (apodo directorial) conclut : « le novillero a de la caste ; ce don du ciel, il l’a trouvé au berceau ». Quant à la plaza : « Méjanes peut trouver sa voie ».

La plaza camarguaise vit quatre spectacles (3), se déroulant durant la temporada 1959, avec des renversements de situation dans les programmations, dont seul le mundillo  a le secret. No pasa nada !

  • Le 19 juillet : les novillos de Victor y Marin voient les maestros préposés à leur lidia : Antonio Martin «Cobijano», Manolo Lozano et Francisco Zabalza, remplacés par José Martinez Ahumado «Pepe Limeño», Julio Calvo et le mexicain Juan de Dios Salazar (ancien séminariste!).
  • Le 9 août : Victoriano de la Serna , Cobijano et Rafael Jimenez « Barrita » ne croisèrent pas les cornes des Moreno Yagüe, mais celles des pupilles de Tabernar Sanchez y Sanchez. Le revistero trouva les toros juillettistes mansos et les aoûtiens querenciosos. C’est l’été !
  • Le 13 septembre : c’est la rentrée pour la ganaderia Ricard, elle présente six produits dont trois du nouveau fer «La Croix de Méjanes» (Infante de la Camara) et trois autres (Bonnaud, Jalabert, Sol). A la charge du mexicain d’Arles Rodolfo Palafox (trois oreilles), Agustin Parra Vargas «Parrita» et Manolo Blasquez (une oreille).

C’est la clôture pour cette première temporada au bord du Vaccarès, le début d’une longue histoire taurine pour le Domaine de Méjanes (4).

Jacques Lanfranchi « El Kallista »
(9 mai 2020)

  1. bouvaou : petite arène en bois, utilisée par les manadiers.
  2. Mr Pierre Schull m’affirma que le mot « Patron » était le terme idoine employé par ses collaborateurs pour désigner Mr Paul Ricard.
  3. Un cinquième spectacle programmé pour le 20 septembre, puis le 11 octobre : un mano a mano Victoriano de la Serna – Paco Camino n’eut jamais lieu. Cosas de Toros !
  4. Gildas Gnafoua «Diamante Negro», natif du Sambuc, fut le premier (et unique à ce jour) à passer son alternative à Méjanes le 29 mars 2001. Toro Tranquilito de Jean-Marie Pourquier. Parrain Fernando Cepeda, témoin Charlie Laloé « El Lobo ».

Photos DR.
Bibliographie :

  • Bulletin des clubs taurins Paul Ricard – Année 1959.
  • Revue Toros – Année 1959.
  • Toros en Camargue, de Pierre Dupuy – 1995.