Carnet noir.

En ces temps de disette médiatique (taurine), il est douloureux de reprendre la plume pour annoncer de mauvaises nouvelles.

Le Coronavirus frappe à l’aveuglette et nombre de personnes disparaissent dans l’anonymat. Il en est parmi les plus connus qui ne sont pas épargnés non plus.

Lucia Bosé et Luis Miguel Dominguin
Emilio Escobar

Ainsi viennent de disparaître l’actrice italienne Lucía Bosé (89 ans), qui fut l’épouse de Luis Miguel Dominguin, Emilio Escobar Mendoza, oncle du matador madrilène El Juli, et Borja Domecq Solís (74 ans), l’emblématique ganadero de Jandilla.

Petit-fils de Juan Pedro Domecq y Núñez de Villavicencio, fils de Juan Pedro Domecq y Díez et frère de Juan Pedro et Fernando Domecq Solís, Borja Domecq avait pris la direction de la ganaderia de Jandilla en 1987 quand son frère Fernando avait créé celle de Zalduendo.

Il avait en 2016 confié les rênes de l’élevage à son fils Borja tout en gardant l’oeil sur sa gestion.

Au cours de ses trente et quelques années de direction, il avait maintenu le fer à l’étoile dans le panthéon des meilleures devises du campo bravo, devise à laquelle il avait ajouté le fer de Vegahermosa en 2002.

Borja Domecq Solis est décédé hier à l’Hôpital Général de Mérida des suites d’une pneumonie liée au Coronavirus. Il avait à peine 74 ans. RIP.

A titre personnel, je ne saurais oublier dans ces hommages mon ami Charles de Turck, dit « Charlie », grand aficionado, que ceux qui fréquentent nos arènes devaient connaître, tant sa faconde toute marseillaise ne pouvait passer inaperçue. Il avait un temps géré la carrière du novillero Laurent Bettini « El Coco ».

Lors de la prochaine Feria de Vic, une chaise restera vide au restaurant où nous avions coutume de nous retrouver pour nos tertulias amicales. 

Marcel Pagnol, dans sa trilogie marseillaise, faisait dire à Monsieur Brun : « En souvenir de lui, écoutez quatre vers de Sully Prudhomme. … – C’est aux premiers regards portés – En famille autour de la table – Sur les sièges plus écartés – Que se fait l’adieu véritable ».

Contrairement aux trois premiers, c’est un cancer, et non le Coronavirus, qui a emporté Charlie.

RIP, amigo.