Mont-de-Marsan. 1er mars. Festival d’harmonie et de bon goût.

Temps frais et couvert, petite entrée.

Cinq toros novillos bien présentés, les deux premiers du Camino de Santiago, les trois autres d’Alma Serena. Tous une pique prise avec une honnête bravoure, à l’exception du quatrième, fuyant par deux fois, dès la morsure du fer (vuelta al ruedo !!!). Tous parfaitement toréables à la muleta.

  • Curro Diaz : au premier (Camino), une demi-lame, une oreille.
  • Diego Urdiales : au deuxième (Camino), un pinchazo et une entière, une oreille.
  • Thomas Dufau : au troisième (Alma Serena), une entière une oreille.
  • Alberto Lopez Simon : au quatrième (Alma Serena), une entière et un descabello, deux oreilles.
  • Yon Lamothe : au dernier (Alma Serena), une entière, deux oreilles.

Curro Diaz, derrière son énigmatique visage, sous ses cheveux noirs de jais, a commencé par nous faire rêver par la lenteur et la profondeur de sa cape. Deux ou trois muletazos pour s’adapter, et il enchaînait sur des séries calmes et bien templées. Il agrémentait son ensemble de quelques trincheras avant de se lancer à gauche dans d’éternelles naturelles d’un rythme aussi lent que le cour du Guadalquivir qui découvre Sanlucar. Un bon toro du Camino de Jean-Louis Darré lui avait permis de s’affirmer. Oreille.

Diego Urdiales poursuivait lui aussi avec un Camino qui le faisait apparaître en grand capeador, enthousiasmant le public. Si pendant quelques instants il fut dépassé à la muleta, il s’imposait rapidement en choisissant la corne gauche. Il se montrait alors assez à l’aise, même si on avait l’impression que le toro aurait demandé plus de présence. Oreille.

Thomas Dufau sortait avec un Alma Serena un peu plus compliqué par sa charge lente et hésitante. Il brindait à ses quatre compagnons de cartel. Son classicisme allait rapidement maîtriser l’animal auquel à la muleta il arrachait une belle série de naturelles. Se voyant dominé, le toro chercha son salut dans la fuite. Malgré ses efforts, Thomas eut quelques difficultés à le conserver dans sa muleta. Son calme et sa technique lui permirent de réussir sa sortie. Oreille.

Lors du brindis de Thomas Dufau on reconnaît, de gauche à droite, de dos Thomas Dufau et Diego Urdiales, Curro Diaz, Alberto Lopez Simon et Yon Lamothe.

Alberto Lopez Simon, qui allait s’avérer le triomphateur du jour… se révéla débordant de talent pour conduire au cheval son Alma Serena, lequel s’échappa par deux fois sous le fer. Mais par la suite, quelle aisance, quelle façon d’améliorer cet adversaire qui allait témoigner d’une grande noblesse. Un plaisir que de le conduire dans la muleta, et Alberto fit durer le tercio.

Mais surprise,  quand volent les mouchoirs, de voir surgir le bleu. Comment récompenser d’une vuelta un toro manso ? C’est entériner une tauromachie pour petits rats ou jeunes éphèbes… Deux oreilles pour le garçon.

Yon Lamothe, avec un novillo plus léger que les quatre premiers, donnait une belle conclusion au festival. Sans reproche à la cape, il commença sa faena par une longue série de muletazos à genoux. Puis il allait enchaîner de façon très classique, donnant la bonne  distance sur les deux côtés, et sachant changer de main avec élégance. Deux oreilles.

Un festival particulièrement agréable que le président Claude Laborde avait placé sous le signe de la convivialité. On a sûrement partagé et apprécié une tauromachie d’harmonie et de bon goût.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Photo du haut et diaporama : Matthieu Saubion (http://www.vueltaalostoros.fr/)