Nîmes. « Je ne me sens bien, au fond, que dans des lieux où je ne suis pas à ma place ».

Nîmes. Jeudi 23 janvier. 20h00. Le théâtre Christian Liger est plein, à quelques places près.

Arnaud Agnel entre en scène et le voyage commence, hors du temps, un périple qui durant plus d’une heure trente nous fait approcher un torero par cercles concentriques. L’homme en habit de lumières est au milieu, tantôt proche, tantôt loin, le rayon du cercle s’allongeant ou se raccourcissant suivant son humeur ou sa disposition du moment.

Ce torero, c’est Juan Bautista (présent dans la salle). Durant près de six années, Yves Charnet, l’auteur  de « Lettres à Juan Bautista », a tenté de l’approcher, de le comprendre, voire de le dénuder, mais au fil des lignes on sent bien que la pudeur morale du garçon le fait se positionner sur une certaine réserve qui laisse peu de failles.

Pourtant Yves Charnet ne se découragera pas, ne sachant pas vraiment où cette aventure le mènera et si elle aboutira à un dénouement littéraire. Juan Bautista lui aussi se posera la question. Cet auteur qui , comme une abeille, butine le pollen de sa vie, parviendra-t-il à en faire le miel d’un ouvrage ? D’autant que la source s’est tarie durant les mois où le torero arlésien s’est retiré de la planète des toros.

Quand l’homme cède-t-il la place au torero, et inversement ? Cette métamorphose permanente, Yves Charnet a essayé d’en percer le mystère, mais à l’arrivée le mystère demeure presque dans son intégralité. « On ne sait jamais où sont les toreros. Quand ils ne sont pas au coeur de leur quête. Pieds joints dans le cercle de leur folie ».

Cette quête, ce périple humain et littéraire, Arnaud Agnel nous les a fait partager, avec l’immense talent qui est le sien, talent qui devrait très vite lui ouvrir la voie du succès.

Durant une heure quarante, il nous a fait vivre cette aventure, tant par la gestuelle que par le verbe, sans temps mort, en faisant sien et en sublimant un texte pas des plus faciles, et totalement imprégné par son personnage. Arnaud Agnel a également signé la mise en scène du spectacle.

Alors, n’hésitez pas à découvrir « Je ne me sens bien, au fond, que dans des lieux où je ne suis pas à ma place« .

La prochaine représentation aura lieu le samedi 4 avril prochain à 21h00 au Centre de Développement Culturel (CDC) de Saint Martin de Crau (Place François Mitterrand). Réservations : cliquez ICI.

Quant à la suite, les organisateurs des ferias à venir seraient bien inspirés d’inscrire le spectacle dans leur programmation. Ils ne le regretteront pas.

Enhorabuena y suerte !

(Photos : Just A Pics)