Rodilhan. 27 octobre. L’Aficion s’est mobilisée.

La placita de Rodilhan affichait un quasi-plein hier à l’heure du paseillo de ce festival devenu pour tous un symbole.

Si pour les anti-corrida Rodilhan est l’un des points stratégiques de leur lutte, ce village gaulois qui résiste encore et toujours aux abolitionnistes devient pour l’Aficion un symbole de la résistance contre les attaques des liberticides.

Ainsi les discours de Serge Reder, maire de la cité gardoise, de Raphaël Ladet, jeune représentant de l’Aficion militante, d’Arnaud Frade, délégué de l’UCTPR, mirent en avant la liberté d’assister à ce spectacle dont la légalité n’est plus à démontrer et qui subit pourtant les attaques sournoises de ceux qui voudraient voir disparaître nos traditions, la dernière en date étant une proposition de loi visant à interdire l’accès aux arènes pour les moins de 16 ans.

A l’issue des discours, le jeune footballeur nîmois Renaud Ripart, qui n’hésite pas à mettre en avant son aficion a los toros sur les stades, fut ainsi honoré et reçut une lithographie du peintre José Pirès, Serge Reder recevant quant à lui le Trophée Coup de Coeur de l’UCTPR pour son action en faveur de la Fiesta.

Les enfants présents furent invités à se rendre en piste avant que la Marseillaise, symbole de la résistance de l’Aficion, entonnée par toute l’assemblée, clôture cette entrée en matière.

Les organisateurs avaient choisi pour l’édition 2019 des novillos du Grand Badon (famille Cuillé) de belle morphologie, et point trop épointés comme on le voit trop souvent dans ce type de spectacle. Le premier de la tarde (mogon à la base) fut le seul à voir l’une de ses armures s’astiller durant la lidia.

Alberto Lamelas nous gratifia d’une belle entame au capote avant de faire piquer son opposant à deux reprises, la première ration de fer prise en poussant. Brindée à Mme Cuillé, la faena ambidextre fut de meilleur niveau sur la main droite, le bicho s’avérant moins maniable sur le bord opposé. Final par manoletinas avant entière contraire complétée par un descabello. Oreille.

RAS lors de la réception du second par Andy Younes qui, après la pique, invita Dylan Raimbaud à un quite por colleras. Le jeune matador nîmois cloua une paire de banderilles al quiebro après poder a poder de Mehdi Savalli et violin de Solalito. Brindée à Carlos Olsina, la faena d’Andy fut de bonne facture, le garçon liant les muletazos avec aisance, l’ensemble manquant cependant un peu d’engagement car souvent profilé. Trois-quart atravesada et latérale après luquecinas, descabello. Oreille.

Tibo Garcia reçut le faiblard troisième par une bonne série de véroniques puis le présenta face au lancier pour une unique pique. Au second tiers le bicho accompagna Dylan Raimbaud jusqu’à la barrière où, tel un cocardier, il faillit cueillir le garçon en passant la tête par dessus les planches. Plus de peur que de mal. Face à ce Cuillé noble mais soso, Tibo signa une faena ambidextre propre, bien composée mais de transmission limitée vu le peu de présence du cornu. Demi-lame contraire pour en finir. Vuelta.

C’est par une larga cambiada afarolada de rodillas que Carlos Olsina salua l’entrée du quatrième, se relevant pour dessiner quelques bonnes véroniques rématées par une revolera. Après une pique traserita prise en poussant, puis deux vueltas de campana successives, le Cuillé arriva un peu affaibli au dernier tiers où le biterrois eut l’intelligence de le laisser respirer entre les séries. Bien débutée de rodillas, la faena, bribée à Andy, alterna les deux bords, Charles toréant avec une bonne technique et une certaine aisance. Trois assauts avec la rapière privèrent le garçon de trophée et la récompense se limita à une vuelta.

Solalito conclut la tarde par la lidia d’un novillo compliqué, à la charge incertaine et désordonnée. Bonnes véroniques pour la réception de l’animal avant des piques un peu chaotiques, le cheval ne semblant pas répondre aux ordres du cavalier. Après trois bonnes paires de batonnets, Solal brinda son adversaire à Roland Durand avant de se lancer dans une faena inégale où il dut faire l’effort de garder dans sa muleta un adversaire peu enclin à collaborer. Quelques bonnes tandas droitières cependant puis une demi-lame atravesada nécessitant usage multiple du descabello. Silence entrecoupé de quelques applaudissements.

Sirènes et vociférations de la horde des liberticides durant tout le spectacle puis départ des arènes orchestré par les insultes des antis fort heureusement bien encadré par les forces de l’ordre qu’on peut féliciter pour leur professionnalisme.

Enhorabuena au club taurin Toros y Caridad et à son président Pierrick Charmasson pour la parfaite organisation de cette Journée Taurine de l’Aficion.

Ne lâchons rien !  

Reseña et photos : Paco.