Samadet. 26 octobre. L’excellent festival de Marc Serrano.

Arènes couvertes, température agréable, deux heures vingt de spectacle, trop peu de monde pour aider les enfants malades.

Six toros de différents élevages  français, tous bien présentés, tous une pique.

Le festival de Samadet (40), organisé, samedi 26 octobre par Marc Serrano était un véritable bijou. Tous les éleveurs ont joué le jeu et envoyé dans les Landes un animal parfait pour ce genre de spectacle, avec beaucoup de mobilité, de la noblesse sans le moindre vice, de quoi construire un faena parfaite. La seule chose qui manquait pour cette journée, des aficionados en nombre, venus par leur présence défendre leur passion et aider le centre de pédiatrie de l’hôpital de Mont-de-Marsan.

Marc Serrano avait parfaitement fait les choses et la réussite de cet après-midi dans les arènes couvertes de Samadet lui doit beaucoup. Mais encore bravo pour leur geste à Michel Gallon, Jean-Marie Raymond, Mme Cuillé, Jean-Louis Darré et les frères Tardieu, ils ont donné du bon blé à moudre.

Marc Serrano avec un toro de Gallon ouvrait le festival, un bon tercio de cape et une demie qui accentuait la faiblesse de l’animal. Après un brindis à la musique, il se livrait à un toreo très classique, souvent à mi-hauteur et essentiellement construit sur la main droite. Un pinchazo, une demie, un descabello, une oreille. Le président donnait le ton d’un moment festif.

José Mauricio, premier Mexicain du service, s’avança, chapeau en main et offrit un très beau tercion de cape à un Virgen Maria parfait pour ce festival. A la muleta il nous séduit rapidement avec sa main gauche et un style sous le cachet d’un énorme temple. Il changea très souvent de main, mais la classe et la perfection se trouvaient sur la senestre. Une entière, deux oreilles. 

Esau Fernandez, le petit Sévillan, n’a rien perdu de son charme. Il ouvrit les débats avec le premier Cuillé par une porta gayola et enchaîna un tercio un peu rapide et par moment superficiel. Avec cet adversaire un peu faible il se montra très bien avec la main droite… tout en se régalant lors de quelques passages à gauche. Une entière, une oreille.

Filiberto affrontait le deuxième Cuillé, un animal sérieux et parfois violent, mais qui lui permit de réaliser un tercio de cape très sérieux. Il commençait dès lors à dominer le toro. Domination qu’il poursuivit à la muleta avec beaucoup de simplicité. Une belle leçon de tauromachie. Un pinchazo et une demie, deux oreilles.

Hector Gabriel, le second Mexicain du cartel, trouva sur sa route un toro lourd, haut sur pattes et très mobile. Un Astarac qui lui contesta le tercio de cape mais se laissa réduire à la muleta sur les deux mains. Un extraordinaire toro qui méritait une vuelta al ruedo et qui laissa deux oreilles par sa noblesse et sa mobilité. Une entière, deux oreilles et vuelta au toro. Torero et éleveur partageaient la vuelta finale.

Alejandro Marcos, avec un Tardieu, laissa un bon goût à la cape. Il fut le deuxième à brinder à la musique. Mais de sa sortie on retiendra d’immenses naturelles qu’il ne semblait jamais terminer. Il tenta d’accorder sa faena avec le Concerto d’Aranjuez qui illustrait sa tauromachie. Certainement la plus belle main gauche du festival.

Les absents ont eu tort. On ne peut qu’encourager de telles initiatives.

A la fin du festival  toreros et éleveur se sont retrouvés. On reconnaît entre autres, Jean-Marie Raymond, Jean-Louis Darré, Mme Cuillé, Michel Gallon, Louis Tardieu,….

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Matthieu Saubion (http://www.vueltaalostoros.fr)