Corrida Patriotica : pourquoi pas ?

La péninsule ibérique, ainsi que le nouveau monde, ont l’habitude de spectacles taurins donnés au bénéfice de …

L’hexagone n’est pas en retrait, loin de là, mais la démarche  caritative, quelle qu’elle soit, est souvent perturbée. Nous subissons là aussi, le dictât de la tribu des innommables, anciennement  dénommée protectards, antispécistes, etc.

L’ancêtre de ce type d’événement, s’appelle en Espagne «Corrida Patriotica».

Les recettes générées étaient destinées au soutien des soldats hispaniques, dans les conflits à l’extérieur des frontières : Maroc, Philippines, Cuba, Porto-Rico.

En 1936, lors de la Guerre Civile, les corridas avaient un but différent de l’aide aux blessés, aux infirmes et malades. Elles étaient devenues un élément de propagande des Républicains et à fortiori des Phalangistes ; les toreros devenant ainsi les champions de l’un ou l’autre belligérant, les paseos se faisaient aux accents de l’Internationale ou de Cara al sol (hymne de la Phalange) ; en fonction de l’organisateur !

En juillet 1921, le désastre militaire d’Anoual (Maroc) est la cause directe du décès de 17000 soldats espagnols dans la bataille, les opposants aux troupes de Abd El Krim.

Deux événements taurins exceptionnels , après cette tuerie (sans compter les blessés et infirmes), avaient été organisés dans le mois de septembre.

L’un à Barcelone, le 25 septembre aux bénéfices des troupes africaines au Maroc. L’affiche représente une bénévole de la Croix Rouge, à demi-agenouillée, recouvrant le corps d’un soldat, avec le drapeau espagnol .

Au cartel : Manuel Granero Valls (sans montera, avec un bandeau), en partie caché derrière Antonio Marquez, Pierre Pouly, Manuel Jimenez  «Chicuelo», Rafael Gomez «El Gallo». Sont absents sur le cliché les rejoneadores Basilio Barajas et Emilio Ramon «Boltanes» – Elevage Contreras.

Le toro de Pouly III s’appelle «Frascuelo».

En remerciement de son concours désintéressé (comme les autres toreros), notre matador national reçut une bourse d’or par le Roi Alfonso XIII.

Sa majesté royale préside le lendemain à Madrid une course au bénéfice de la «Cruz Roja» au cartel : Chicuelo, Granero, Ignacio Sanchez Mejias, La Rosa, Belmonte, El Gallo.

La partie rejon était assurée par deux capitaines de l’Armée Espagnole : Alfonso Botin et Antonio Cañero.

Aux grands événements grandes courses !

Le projet de loi concernant l’interdiction des corridas aux mineurs est un véritable «casus belli». Nous pourrions envisager pour mettre en lumière notre aficion et sa force, un cartelazo dans le droit fil des deux précédents cités. En joignant , bien sûr, les maestros du nouveau monde.

Le dimanche 27 octobre, la journée taurine concoctée par Mr le Maire de Rodilhan, Serge Reder, et le club local «Toros y Caridad» ,  doit être un succès de prime abord, par la fréquentation publique. Elle doit être notre symbole, et non celui des innommables. 

 « Chaque place, qui, dimanche demeurera vide, dans les arènes de Rodilhan, sera une preuve d’abandon» Francis Fabre in Toros n°2107) .

Je dédie ce texte à Igor Montcouqut «El Niño del Ruedo», novillero de 1976 à 1989, date à laquelle il se vêtit d’argent. Il avait 56 ans.

Jacques Lanfranchi «El Kallista»
(
Jeudi 24 octobre 2019)

Bibliographie

  • Un français dans l’arène. Luis de la Cruz . Makaire 1962
  • Club taurin Paul Ricard revue N°61 janvier 1962