Nîmes. 15 septembre (tarde). Juan Leal ouvre la Porte des Consuls.

Demi-arène, temps ensoleillé et chaud pour cette dernière corrida nîmoise, avec à l’affiche des Fuente Ymbro plutôt bien présentés avec peut-être un peu d’embonpoint.

Une minute de silence fut observée en hommage à Pierre Bats, ganadero de l’élevage français Alma Serena, récemment disparu.
 
Le premier est un replet qui échappe à Alberto Lopez Simon pour deux piques sans mise en suerte, après une réception timide au capote. Joli quite de Juan Leal par saltilleras et revolera, le ton est donné. Le madrilène, après un brindis au public, entame sa faena main droite. Une deuxième série lance la musique, et Lopez Simon multiplie les passes et adornos sans peser sur le bicho. Le maestro en termine par bernadinas avant une entière caida au troisième assaut. Deux avis. Salut.

Le quatrième est salué par véroniques. Deux légères piques. Quite de Juan Leal. Lopez Simon débute par une série de doblones, puis tente quelques passes, mais face à un bicho plus retors, l’ensemble reste sans relief. Il en conclut à nouveau en deux fois. Grand silence.

Juan Leal hérite d’un galopeur qu’il n’arrive pas à fixer et qui prend deux piquettes. Quite de Ginés Marin par tafalleras. Le français réveille le public par une traditionnelle passe du pendulo au centre et une série à genoux. A mon avis, le jeune Juan Leal abuse ensuite, sous la musique, de dosantinas et de bravades, debout ou à genoux.  Il se met les étagères dans la poche avec un desplante hors de propos. Il inflige ensuite à son bicho un bajonazo d’école qui fera tout de même tomber deux oreilles du palco, honteux le deuxième trophée vu l’estocade.

Juan Leal reçoit le cinquième de la soirée par véroniques mais se fait bousculer sur une chicuelina. Deux piques quelconques. Le français débute à nouveau par une passe du pendulo. Il réalise ensuite des derechazos qui embarquent encore le public et déclenchent la musique. Le bicho, baissant notablement de ton, le jeune torero réduit les distances et en finit par des luquecinas avant un pinchazo et une entière caida. Une oreille.

Ginés Marin hérite du vieux tonton de la soirée qui, après deux piques homéopathiques, montre rapidement des signes de fatigue, l’obligeant à toréer à mi-hauteur et sans charger la suerte. Le cornu confirme sa grande faiblesse. Le torero en conclut par une entière sur l’avis. Une oreille d’encouragement.
 
Avec le sixième, le palco nîmois confirme son incompétence. En effet, avec un grand manso que Ginés Marin ne sut pas canaliser, à tel point qu’il fallut que ce soit son peon qui le fasse, la présidence sortit le mouchoir vert pour cet exemplaire qui, à la première pique, perdit le fourreau de sa corne gauche. Le tout vira à la charlotade pendant une vingtaine de minutes, le bicho ne voulant pas regagner le toril (note : mais un épisode qui aurait pu tourner mal car malheureusement l’animal blessa le puntillero au final). Ginés Marin dut se résoudre à le liquider. Tout cela pour un simple manso. Le sobrero du même fer, après deux piquettes traseras et malgré un brindis au public, n’inspira rien au torero, ni aux étagères. Un pinchazo avant une entière et grand silence.

Juan Leal sort a hombros par la Porte des Consuls.

A l’issue de cette ultime corrida, un sentiment global d’incompétence des palcos nîmois domine. A quand une vraie formation des présidences ?

Reseña : Christophe Dumond.
Photos : Paco.

https://youtu.be/QDAAQ4UyIbQ

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