Nîmes. 14 septembre (tarde). Perera ou l’indulto excessif.

3/4 d’arènes et temps lourd pour cette corrida de Garcigrande et Domingo Hernandez de présentation bien modeste.

Le premier est un lourdaud cornicorto amené en douceur par Sébastien Castella vers le centre. Deux piques sans aucune conviction, en essayant de contourner le groupe équestre, et de plus dans l’épaule. Le biterrois entame sa faena main droite à mi-hauteur pour maintenir son Garcigrande debout. Une deuxième série lance la musique, mais déjà, avec le passage du côté gauche, le toro n’en peut et n’en veut plus. Le maestro en termine par bernadinas avant un bajonazo d’effet rapide. Une oreille gentille.

Le quatrième est également un cornicorto manso à souhait, qui prend querencia devant le toril. Deux piques quelconques. Brindis au public. Comme à son habitude, Sébastien Castella entame sa faena par une passe du pendulo pieds joints, au centre, et gratifie ensuite les étagères de multiples passes essentiellement droitières, en musique sans réellement peser sur le toro. Il est régulièrement accroché. Il en conclut à nouveau par un bajonazo et un descabello. Le palco, sans critère, accorde honteusement deux oreilles.

Mal servi au sorteo, José María Manzanares écope d’un Domingo Hernández gras et peu cornu, grand galopeur et découvreur du ruedo. Deux piques en grand manso, sur la dernière le piquero peu habile laisse la pique plantée sur le dos du toro, qui s’en va ainsi. Dès le début de la faena de muleta, le toro affiche sa grande faiblesse par de multiples chutes, et le travail reste sans relief, ne décolle pas. Manzanares tente par deux fois un recibir, et réussit enfin à la troisième tentative. Une oreille.

A son second, il hérite à nouveau d’un Domingo Hernández grassouillet d’une grande faiblesse et sans aucune transmission qui s’affale à plusieurs reprises. L’alicantin écourte avec quatre pinchazos et une épée hémorragique. Silence.

Au capote, Miguel Ángel Perera reçoit son premier Garcigrande pieds joints, avant deux piques sans aucune conviction. Quite de Castella par chicuelinas et réponse de Perera par gaoneras. Le bicho semble avoir un petit plus de jus. Perera débute sa faena muleta main droite, pieds joints. Il sert au public un répertoire varié et fleuri, luquecinas, kikirikis, la passe del desprecio, en musique. Il en termine par une trois-quart basse et un descabello. une oreille et une vuelta al ruedo incompréhensible de la dépouille.

Avec le sixième, Perera fait basculer les arènes de Nîmes dans l’irrationnel. Pas grand-chose à noter au capote. Deux piquettes. Brindis au public. Le maestro commence genou ployé, muleta main droite. Il développe alors tout l’arsenal d’une faena aux accents ojedistes, au centre, dans un mouchoir de poche, très templé et très aidé par un noblissime petit cornu. Sous la musique, les arènes s’enflamment et Perera joue habilement la montre pour forcer la main au palco et obtenir un indulto pour ce toro quelconque, sans absolument rien d’exceptionnel. Un avis et deux oreilles symboliques.

N’est-il pas excessif de gracier un toro qui tenait plus de la bedigue que du toro de combat ?

Reseña : Christophe Dumond.
Photos : Paco.

https://youtu.be/D1srU-G8XY8

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