Dax. 8 septembre (matin). Bonne novillada de José Cruz, une oreille pour Diego San Roman.

Un peu moins de demi-arène, soleil et nuage, température fraîche, deux heures trente de spectacle.

Six novillos de José Cruz, bien présentés, tous deux piques, prises avec une bonne bravoure, le premier applaudi à l’arrastre. Toujours très piquants mais toréables à la muleta.

  • Diego San Roman (vert très clair et or), au premier, une entière, une oreille ; au quatrième, deux princhazos, trois descabellos, avis, salut. 
  • Alejandro Mora (rouge et or), au deuxième, deux pinchazos, une entière, avis, salut ; au cinquième, un pinchazo, une entière, avis, silence. 
  • Jean-Baptiste Molas (beige et azabache) au troisième, une épée, salut ; au dernier, un pinchazo, une entière, avis, vuelta au toro, silence.

Extraordinaire novillada de José Cruz en matinale de la feria Toros y Salsa de Dax. Tous les novillos ont eu un intérêt pour l’aficionado. Le cartel réunissait la volonté d’afficher les meilleurs novilleros du moment avec notamment Diego San Roman, la découverte avec Alejandro Mora, le neveu du grand Juan, et enfin le local Juan Bautista Molas qui a su distiller quelques grands moments de tauromachie.

Diego San Roman attaqua de façon très classique a l’issue d’un séduisant tercio de cape. Une faena débutée par des passes de châtiment avant d’ouvrir une série de muletazos à droite. Ce fut pour lui l’occasion de nous montrer d’inimitables changements de main et quelques pechos. Mais il fut magistral en se faisant passer le toro au niveau de la ceinture. L’animal n’était guère évident à gauche mais il parvint tout de même à lui voler une série. Extraordinaires véroniques pour revenir en piste avec quelques chicuelinas pour conduire le toro au cheval. Ce fut une faena diversifiée mais qui ne monta jamais au niveau de la précédente.

Alejandro Mora, toréait sous lesyeux de son tonton, Juan Mora. Le futur matador fut bien à la cape. Puis il brinda au public avant de profiter sur la main droite de la belle noblesse du novillo. Malheureusement le novillo devait s’éteindre assez rapidement alors qu’Alejandro le travaillait sur la main gauche. Alors qu’il avait montré de grandes qualités, il ne retrouva pas ce niveau avec son second adversaire. Il tenta dès le début de profiter de la corne gauche, sans y parvenir et fut désarmé à plusieurs reprises. 

Jean-Baptiste Molas fut désarmant d’assurance et de simplicité  avec sa muleta face à ses deux adversaires. Mais ce ne fut pas tout au long de ces deux faenas mais quelques merveilleux moments isolés, de ci, de là. A la mise à mort du premier, il pinche mais doit toucher la moelle épinière, le toro tombe. On a pu tout particulièrement l’apprécier avec le dernier novillo où il n’a cessé de montrer de la quiétude, même si par moments il était dépassé par son sujet. Mais quels pechos  très bien faits et ces trincheras appuyées pour se sauver. Jean-Baptiste Molas, malgré quelques scories, a laissé un bon goût en fond de bouche.

Le plus satisfait en cette fin de matinée était assurément José Cruz… S’il peine à passer la barre du toro, il maîtrise à la perfection ses trois ans.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Jean-Pierre Souchon.