Dax. 7 septembre. Face à Six Victorino, Emilio de Justo, sort en triomphe avec quatre oreilles.

Une estocade d’enfer, un coup d’épée «al encuentro» porté entre deux immenses cornes qui, telles des sabres, semblaient vouloir caresser le ciel.

Un final avec « Bohique » de Victorino Martin qui a rehaussé cette course où Emilio de Justo (noir et or) affrontait seul six toros de l’ancien sorcier de Galapagar. Une course avec des moments un peu fade comme certains des six troros. Mais Emilio de Justo a gagné son pari en coupant une oreille aux deuxième et cinquième, parachevant avec les deux pavillons du dernier, et une sortie en triomphe des arènes de Dax, avec une assez belle entrée pour une journée ensoleillée mais plutôt fraîche. Voilà une journée bien remplie pour le maestro.

Avec le premier toro il sera excellent à la cape, et même si l’animal lui cherche les chevilles, il parviendra a dessiner d’agréables séries sur les deux mains avec quelques belles naturelles. Mais comme il le fera par la suite, il échouera à la mise à mort, , cinq pinchazos, une entière, avis, silence.

Le deuxième Victorino, plus mobile, après quelques passes de châtiment, lui permet de s’exprimer avec une valeureuse série sur la gauche. On sent qu’Emilio prend la mesure de la course. Il s’offre la première oreille, après un pinchazo, une entière et un descabello.

Le troisième est très pauvre de cornes, mais il a une noblesse qui permet de toréer. Après avoir brindé à Jacques Pène, président de la commission taurine de Dax, il cite à mi-distance et se lance dans une faena très classique. C’est un peu long et sans grande émotion. Même la fin sera fade, trois pinchazos, une entière, deux descabellos, avis, silence.

Avec le quatrième, même le maestro se demande s’il va véritablement lancer sa course. Il est maintenant face à un spadassin redoutablement armé, qui ne manifeste qu’une volonté, toucher l’homme. Emilio va par moments se jouer la vie devant les cornes. Un quitte ou double souvent angoissant, d’autant que l’animal se retourne vite avec les cornes sur la ceinture du torero. Emilio de Justo manifestera sa domination. Il termine par un pinchazo, une demi-lame et un salut.

Pas de mauvais cinquième, affirme la tradition, mais pas excellent non plus. Il apparaît comme le deuxième assassin du lot qu’il abordera avec plus de prudence, on le comprend. Mais l’intérêt de la faena y perdra rapidement, c’est un peu plat et sans trop de relief. Mais Emilio va essayer une stratégie… un grand coup d’épée qui lui vaut son deuxième pavillon.

Précisons qu’il a dédié ce combat au deux sobresalientes, Jérémy Banti et Guerrita Chico.

Aussi, avec le sixième, le final suivra sur cette recette. Des applaudissements chaleureux lorsqu’il entre en piste. Face aux sabres qui veulent caresser la lune qui apparaît dans le ciel bleu s’assombrissant, il va toréer au plus près des cornes. Il n’aura pas toujours le desssus et sera «promené» par son adversaire. Il trouvera un peu de répit sur la corne gauche… Et c’est la fin avec cette somptueuse estocade. Deux oreilles.

Emilio de Justo a gagné son pari.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Jean-Pierre Souchon.