Saint-Gilles. 25 août. Alternative réussie pour Tibo Garcia.

Les arènes Emile Bilhau de Saint-Gilles affichaient un quasi-lleno pour le point fort l’édition 2019 de la Feria de la Pêche et de l’Abricot, à savoir l’alternative de Tibo Garcia des mains de Sébastien Castella.

Une alternative réussie pour le torero nîmois qui a coupé les deux oreilles du toro de la cérémonie et qui est sorti a hombros en compagnie de son parrain Sébastien Castella dont la seconde prestation a été créditée des trophées maxima.

Les toros du jour, bien charpentés, certains coiffés commodes, ont donné une tarde intéressante. Tous monopiqués, les deuxième et quatrième s’engageant fort dans le peto, ce dernier renversant le cheval sans subir de châtiment.

Pour Tibo Garcia, c’était le grand jour, la fin d’une étape et le début d’une nouvelle aventure qu’on lui souhaite riche en contrats et tout autant en succès. Alternative de luxe avec un parrain prestigieux, Sébastien Castella, et un témoin qui grimpe vers les sommets de l’escalafon, Emilio de Justo. Pour saluer « Cazador« , Tibo signa une belle série de véroniques rématée par une demie au centre. Après une ration de fer un peu poussée, le toro de la cérémonie attendit que Tibo et Sébastien aient échangé cape et muleta avant de se prêter à une élégante série de doblones qui lui furent proposés genou fléchi. La faena ambidextre qui suivit fut de belle facture bien que d’inégale intensité, le nîmois mettant à profit les belles qualités de son opposant pour gravir l’échelon supérieur avec un certain panache. Quelques beaux détails à retenir dont entre autres quelques belles naturelles de face ou un beau changement de main. Le néo-matador parapha l’ensemble d’une belle lame contraire qui lui valut de faire une vuelta fêtée avec deux pavillons en mains.

Le sixième sortit avec des problèmes moteur le rendant impropre à la lidia. Hélas il refusa de quitter la piste et Tibo se chargea de mettre un terme à cette bien trop longue parenthèse (près de demi-heure). Le sobrero, du même fer, ne fut pas du même tonneau que le toro d’alternative. Après quelques véroniques isolées et une courte ration de fer, le nîmois se lança dans une faena compliquée par les charges brusques d’un adversaire avisé qui se retournait vite. Des muletazos ambidextres arrachés à l’unité avant des longueurs pour la finition avec la rapière. Silence. Heureusement la sortie a hombros était assurée par la lidia du premier.

RAS au capote pour la réception du second par Sébastien Castella qui se rattrapa par un bon quite par chicuelinas après une pique où le toro poussa le cheval à la limite de la chute, l’équidé aguantant la charge avec un bon équilibre. Débutée main sur les tablas, la première faena du diestro biterrois consista en garder dans sa muleta un bicho qui lorgna vers le toril dès le début du trasteo. Malgré la technique éprouvée de Castella qui réussit quelques bonnes séries ambidextres, le Fuente Ymbro fuit vers le toril où Sébastien l’occit d’une entière caida portée al encuentro. Salut.

Le second adversaire de Castella , sans être d’une grande valeur, se prêta à une lidia plus ordonnée, débutée par une belle série de véroniques avant de casser le palo du lancier sur une charge brusque où il jeta la pièce montée au sol sans être châtié. Brindée à l’assistance, la seconde faena du biterrois fut empreinte de classe et de sérénité, Sébastien affichant une sûreté incroyable dans ses gestes, comme si tout ce qu’il faisait était facile. Le torero s’enroula à plusieurs reprises l’animal à la ceinture, aguantant les charges et les dirigeant comme bon lui semblait au gré de l’inspiration du moment. Ce toro, totalement inventé par le Maestro, lui laissa ses deux oreilles et son rabo en mains (peut-être un peu généreusement) après une entière en place. La vuelta du toro, quant à elle, n’avait aucune raison d’être.

Emilio de Justo reçut son premier adversaire par jolies véroniques genou ployé avant de le présenter au picador de turno pour une correcte ration de fer. Quite du titulaire par chicuelinas et larga cordobesa. Bien débutée par passes hautes, la première faena de l’extremeño fut assez inégale, les meilleures séquences venant sur la corne droite, le bicho s’avérant plus court de charge sur les mouvements gauchers. Beaucoup de sollicitations pour convaincre l’animal qui se livra un peu au final avant une entière caida qu’Emilio compléta par deux descabellos. Salut.

Bonne réception du quinto par véroniques et demie avant la monopique d’usage puis un début de faena droitier où le garçon s’employa à garder dans sa muleta un bicho qui avait tendance à partir vers les tablas. C’est finalement dans ce terrain qu’Emilio finit par combattre son adversaire, lui proposant d’estimables séries sur les deux bords avant de terminer le trasteo par une série de manoletinas. Hélas la rapière ne fut pas au rendez-vous et une mise à mort laborieuse en différents points du ruedo fit s’envoler tout espoir de récompense. Silence.

Notes.

  • Une minute d’applaudissements à l’issue du paseillo rendirent hommage à la torera Palmyre Camacho et aux soldats du feu engagés récemment dans les violents incendies du secteur.

  • Le paseillo se fit sur l’air de Carmen interprété par le baryton Frédéric Cornille, lequel à l’issue de la lidia du troisième récidiva pour la Messe Sévillane.

  • Pour l’histoire, le toro de la cérémonie s’appelait « Cazador »,portait le fer de Fuente Ymbro, était né en août 2014, portait le 89 et pesait 500 kg.

  • Tibo Garcia est devenu le 67ème matador français. 

  • Sortie a hombros pour Tibo Garcia et Sébastien Castella.

Reseña et photos : Paco.