Saint-Gilles. 24 août. Carlos Olsina le plus en vue.

Une demi-entrée concentrée sur le secteur ombre des arènes Emile Bilhau de Saint-Gilles pour assister au desafio ganadero entre Cuillé et Malaga, une confrontation qui a tourné à l’avantage des pupilles de la famille Callet.

Six novillos qui ont donné du jeu à des degrés divers, la palme de la présentation allant sur les Malaga (4°, 5° et 6°), plus charpentés, et dont le physique se rapprochait de celui de bichos de la catégorie supérieure, les Cuillé (1°, 2° et 3°), de moindre gabarit, manifestant quant à eux plus de noblesse mais des forces plus justes, l’un allant souvent hélas avec l’autre. 

Côté piétons, trois styles différents qui donnèrent un certain intérêt à la course, chacun des trois garçons jouant sa partition avec ses propres armes.

Maxime Solera débuta son premier combat par une larga cambiada de rodillas, poursuivant par quelques véroniques dans la même position. Une pique légère et un picotazo sanctionnèrent la visite au cheval avant quite de Carlos Olsina par tafalleras. Ce faible novillo fut ensuite banderillé par Maxime en deux poder a poder et un violin, une bousculade sans conséquences apparentes sanctionnant le second passage. La faena ambidextre du fosséen fut soignée mais manqua hélas de transmission à cause du manque de présence du cornu qui voulut plus qu’il ne put. Après avoir arraché les derniers derechazos à un bicho qui n’avançait plus, le garçon l’occit d’une entière contraire latérale au second assaut. Vuelta.

Le premier Malaga de la tarde fut réceptionné par une poignée de véroniques volontaires, certaines genou fléchi, avant d’être piqué à deux reprises, une pique correcte prise en poussant un peu succédant à un picotazo malhabile. Quite de Carlos Olsina par saltilleras et revolera. Débutée par passes hautes pieds rivés au sol, la seconde faena ambidextre de Maxime fut inégale en continuité face à un animal qui jouait du couvre-chef, empêchant toute fluidité dans l’exécution des passes. Se défendant très vite, souvent sur place, l’animal ne facilita pas la tâche du novillero qui, en s’arrimant, finit par être violemment bousculé, ce qui ne l’empêcha pas de revenir au feu pour voler quelques muletazos au mauvais coucheur avant de l’occire d’une entière contraire caidita à la deuxième tentative. Oreille.

Avec Carlos Olsina, on joue dans un autre registre, celui de l’élégance alliée à une technique qui s’affirme de plus en plus. Le geste est fluide, pur, et les passes s’enchainent souvent avec un temple notable et un bon rythme. Ainsi reçut-il son premier par une belle série de véroniques rématée par revolera et larga avant de le faire modérément piquer à deux reprises. Brindée à l’assistance, la première faena du jeune biterrois fut très élégante, à droite comme à gauche, le garçon soignant le geste et courant bien la main, s’étirant au maximum pour donner suffisamment d’ampleur à ses muletazos, la noblesse du Cuillé contribuant à l’esthétique d’ensemble. Final en terrain de proximité par les (hélas) traditionnelles circulaires inversées avant un gros tiers de lame que la cuadrilla sut rendre suffisant. Oreille.

C’est par une larga cambiada afarolada de rodillas près des planches que Charles accueillit son Malaga, se relevant ensuite pour lui proposer quelques véroniques de bon son, certaines dessinées pieds joints. Le passage par la pièce montée fut à l’identique des précédents, sans grande intensité, le garçon mettant un terme au premier tiers par un quite par véroniques et revolera. La seconde faena ambidextre de Charles fut à l’identique de la première, élégante, bien construite, avant une cogida due peut-être à un excès de confiance alors que le garçon toréait a gusto. Comme Maxime auparavant, Charles repartit au combat et reprit la main par derechazos serrées. Alors qu’une double récompense était au bout de l’épée, l’estocade prit la forme d’un bajonazo (involontaire) qui aurait dû mettre à mal tout espoir de trophée. Mais le palco commença par sortir de façon incohérente un mouchoir bleu, puis, cédant à une poignée de supporters du jeune torero, et de façon tout aussi incohérente un mouchoir blanc, synonyme d’une Puerta Grande imméritée par l’usage défectueux de la rapière (ce qui justifie mon titre où ne figure pas cette sortie par la grande porte).

El Rafi est un garçon volontaire et appliqué mais qui torée de façon un peu trop électrique, ce qui nuit à l’esthétique de ce qu’il nous propose, ses combats manquant de fluidité. Il accueillit son Cuillé par quelques véroniques, chicuelinas, revolera et larga avant de le faire monopiquer. La faena qui suivit fut de correcte facture, les séries droitières s’avérant les plus abouties. Final par muquecinas, circulaire inversée et pecho chiffonné avant entière trasera verticale et contraire au second assaut. Oreille (un peu généreuse à mon avis).

Le dernier Malaga, violent dès sa sortie, fut salué par quelques véroniques inégales et une demie avant d’être correctement châtié à deux reprises. Débutée par doblones genou fléchi, la faena s’étoffa sur une série droitière. Le bicho très avisé cueillit ensuite Rafi sur le second derechazo de la série suivante et lui fit faire une belle voltereta. Après avoir repris un peu ses esprits, le jeune nîmois poursuivit sur le bord opposé, mais le Malaga l’obligea à rompre, puis se mit à le serrer, finissant par le désarmer. Rafi se saisit de l’acier mais in ne parvint à se débarrasser de son adversaire qu’à la cinquième tentative, laissant une entière caidita concluante. Silence.

On apprit ensuite que Rafi s’était blessé à la main avec une banderille, la blessure nécessitant des points de suture avant passage à l’hôpital. Souhaitons que sa blessure ne le pénalise pas pour les rendez-vous importants qui l’attendent. Suerte !

Le prix au meilleur novillo de la course fut décerné par le Club Taurin La Taquilla au cinquième utrero porteur du fer de Malaga. Le trophée fut remis en piste.

Reseña et photos : Paco.