Mimizan. 24 août. Le retour triomphal de Manuel Escribano.

Petite demi- arène, soleil et nuages, léger vent d’ouest, trois heures de spectacle.

Sept toros de Maria Loretto Charro Santos (Salamanca), le troisième renvoyé pour boiterie et changé par un sobrero du même fer. De une à deux piques, les deux, quatre et six, châtiment pris avec une certaine bravoure. A la muleta ils témoignèrent d’une noblesse piquante, surtout les trois derniers.

  • Manuel Escribano (rose et or) : au premier, une entière, un descabello, avis, silence ; au quatrième, trois-quarts de lame, deux oreilles. 
  • Alvaro Lorenzo (vieux rose antiquaire et or) : au deuxième, une demi-lame, avis, silence ; au cinquième, une entière, avis, une oreille. 
  • Alejandro Marcos ( bleu ciel et or) : au troisième, un pinchazo, une demi-lame, douze descabellos, silence ; au dernier, une entière, une oreille.


Manuel Escribano,
sérieusement blessé à Madrid, n’aura pas raté son retour dans le Sud-Ouest avec une jolie sortie en triomphe des arènes de Mimizan. On se retrouvait samedi à quelques centaines de mètres de l’océan avec une base connue, des toros de Maria Loretto Charro Santos. Depuis trois ans ils ont fait le bonheur de Mimizan, avec les trois derniers, ils ont recommencé.

Manuel Escribano aura été un torero complet, bien a la cape, et avec son second sachant briller dans les quites de mise en suerte au cheval en somptueuses chicuelinas marchées. Une seconde fois il se saisissait des banderiles pour trois excellentes paires avant d’offrir en quatrième un violin. Il commencera sa faena sur la main gauche avec beaucoup de douceur, décomposant chaque figure et créant d’agréables moments de tauromachie. Cette faena avait quelque chose de magique, que ce soit par son rythme ou la construction de ses passes. Deux oreilles se nichaient dans ce contexte. Le triomphe fut au bout de l’épée. Ce temple assez magique, il nous l’avait présenté lors de sa première sortie, y ajoutant une muleta très basse pour faire humilier son adversaire. Mais compliqué de faire prendre cette recette.

Alvaro Lorenzo fut très professionnel avec son premier adversaire. Une faena bien faite, manquant peut-être d’imagination, mais le toro, plutôt tardo, presque soso, n’aidait pas à la réussite. On sut reconnaître ses mérites pour le récompenser avec la musique. A croire, lorsqu’il revient, qu’il a médité le succès d’Escribano. Il va imposer à sa faena u rythme très lent… Lenteur et profondeur car il sait aller chercher des moments uniques… Il bénéficiera pour l’aider de l’interprétation du Concerto d’Aranjuez qui l’obligera à suivre un tempo particulier…. Il va surprendre l’arène et lui arracher une oreille.

Alejandro Marcos passe à la cape avec une ou deux véroniques, et tente de dominer un sérieux client. Il dédiera son combat au président de l’AJT, (aide aux jeunes toreros), et se lancera dans diverses séries sur les deux mains avec la volonté de faire humilier son toro. Il devra encore le châtier avant la mise à mort. Mais en fait il est souvent face à un problème difficile à résoudre, un toro sans volonté de charge et de défense. Par contre il va finir la course avec un toro débordant de fiereza qui l’oblige à un moment de lutte. Ayant pris le commandement, il ralentira le rythme et choisira essentiellement la main gauche pour aller  au terme. Sur la fin il ne sera guère aidé par un toro qui s’arrête dans les passes. Le lutteur ira jusqu’au bout pour gagner lui aussi son oreille.

Avec un Manuel Escribano qui lance la course au troisième, et les trois derniers toros qui ramènent de l’animation dans le ruedo, la corrida de Mimizan n’a pas déçu les aficionados.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.