Dax. 17 août (tarde). Adrien Salenc coupe une oreille à des Ana Romero Romero en-dessous de leur réputation.

Quatrième corrida de feria, arènes bien occupées mais avec de multiples places libres, soleil et chaleur, deux heures trente de spectacle.

Sept toros de Ana Romero, le cinquième changé par un remplaçant du même fer… Mais un sobrero indigne de sortir dans une arène de la réputation de Dax, très peu de tête, et plutôt léger, bien en-dessous des 505 kilos annoncés. Pour le reste, de belles armures, et des toros acceptables, mais tout le lot handicapé par ce toro de remplacement. De 535 à 505 kilos, à l’élevage, tous deux piques prises avec une honnête bravoure. Souvent compliqués à la muleta, sans provoquer la moindre émotion.

  • Domingo Lopez Chaves (rouge et or) : au premier, un pinchazo, une entière, un descabello, avis, silence ; au quatrième, un quart de lame, un pinchazo et une entière, avis, silence.
  • Pepe Moral (rouge sombre et or) : au deuxième, un pinchazo et une demi-lame, silence ; au cinquième, trois pinchazos, une entière, un descabello, avis, silence.
  • Adrien Salenc (bleu très pâle et or) : au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, une entière, silence mais forte ovation de despedida.

Une fois encore les toros sortis sur la piste de Dax n’auront pas joué dans la catégorie de leur réputation. On attendait des Ana Romero qui mettraient le feu aux arènes. Rien de cela, des animaux sans la moindre fiereza et pas la moindre émotion à faire partager sur les tendidos. Une course gâchée et véritablement polluée par un toro de remplacement sorti en cinquième  indigne d’une place de la catégorie de Dax. 

Seul Adrien Salenc, en fait, avec son premier toro, aura pu couper une oreille, grâce à une faena très classique écrite dans le registre de la douceur. Il terminera avec un immense coup d’épée qui confortera son trophée. Il avait commencé par quelques statuaires poursuivies par une série d’aidées par le haut, puis ouvrant sa série il la ponctuait de quelques trincheras et naturelles. Par la suite il lançait diverses séries sur les deux mains, mais toujours avec grâce et douceur… sur un rythme de comptine… un style véritablement à l’opposé des Ana Romero.

Pour sa deuxième sortie, nous ne sommes plus dans le même registre. Certes la muleta demeure très basse et avec application il dessine sur les deux mains. Mais on ne retrouve pas la profondeur de la précédente faena. Par contre son estocade finale sera un modèle du genre, une estocade d’école.

Domingo Lopez Chaves, qui se révèle toujours dans la difficulté et face à l’agressivité de ses adversaires, n’a pas trouvé d’interlocuteur à sa hauteur.  Il aura beaucoup tenté, jouant sur les deux cornes, mais impossible de passer la rampe et de faire monter le frisson dans les gradins. Dans ses deux faenas, Domingo Lopez Chaves fut le torero du calme et des séries qui se succédèrent.

Pepe Moral, lui aussi, sera parfait sur les deux mains. A gauche, il dessinera même avec un certain bonheur et aisance, mais sans jamais soulever l’enthousiasme de l’arène. Le cinquième toro qui lui revenait, sortit comme une bombe. Renvoyé pour faiblesse et boiterie lui succèdera le toro du scandale. C’est sous les quolibets et les lazzis qu’il va toréer, alors que par dérision certains aficionados demandent l’indulto. C’est une petite pagaille bien impropre à la tauromachie qui marquera ce triste moment.

Bien dommage de ne pas avoir vu des Ana Romero conforme à leur réputation.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Jean-Pierre Souchon.