Béziers. 17 août. Triomphe de Manuel Escribano et de Joaquin Galdos face à deux Margé de vuelta.

Une course en deux parties, de celles qui font commencent mal et qui finalement évoluent a mas. 

Le doute de voir un bon spectacle s’est installé au terme de la première partie de cette corrida où les trois premiers pensionnaires des Monteilles ont affiché peu de caste, s’avérant mansotes et parados au derniers. Vinrent ensuite le bon quatrième, primé de la vuelta, et surtout l’excellent sixième encore meilleur, lui aussi honoré de la vuelta posthume. 

C’est par une larga cambiada afarolada a porta gayola que Manuel Escribano débuta son premier trasteo avant d’être désarmé sur la première véronique, le torero de Gerena reprenant ensuite la direction des opérations par cinq véroniques et demie. Un peu tardo face à la cavalerie, le bicho prendra cependant deux rations de fer avec plus de violence que de bravoure, la première en levant un peu le cheval, traserita la seconde. Manuel assura ensuite lui même le second tiers en clouant al sesgo por dentro, puis en poder a poder, la dernière paire à corne passée. Hélas au final le Margé se dégonfla après deux séries droitières, de correcte facture la première, enganchée la seconde du fait d’un animal qui derrotait en fin de passe. Les naturelles qui suivirent furent arrachées à l’unité avant que le cornu ne se réfugie près des tablas. Une lame enfoncée aux deux tiers, contraire, trasera et tendida, puis un descabello mirent fin à ce premier combat. Silence.

« Atlas » sorti en quatrième position vint heureusement nous redonner un moral perdu au terme du troisième combat. Reçu par une larga de rodillas a porta gayola et quelques véroniques, ce beau cinqueño prit ensuite deux rations de fer, poussant un peu sur le premier puyazo pompé, puis s’élançant de loin lors du suivant de moindre intensité. Banderillé en poder a poder (à corne passée), sesgo por fuera et violin al quiebro, le Margé s’avéra noble mais sans innocence dans la muleta d’Escribano dont la taleguilla fit les frais d’une bousculade sur les passes cambiadas d’ouverture, heureusement sans autre conséquence pour le garçon que de dévoiler une partie de son fessier. Bonne faena ambidextre du sévillan qui eut le mérite de réveiller l’assistance, laquelle se reprit à espérer. Final par manoletinas avant une entière delantera un poil latérale qui se révéla très vite concluante. Vuelta pour le bicho et deux oreilles pour Escribano, les deux récompenses peut-être un peu généreuses mais on ne boudera pas notre plaisir tant l’alegria des protagonistes réchauffa l’ambiance, morose jusque là.

Avec Daniel Luque, on évolue dans un autre registre, celui de la classe alliée à une belle technique. Ainsi accueillit-il son premier adversaire par esthétiques véroniques et larga (quel beau jeté de capote !) avant de le mener vers le picador de turno pour deux puyazos un peu en arrière. Brindée au public, la faena du second torero de Gerena débuta sur la corne gauche par des naturelles, d’abord sur le voyage puis progressivement plus engagées. Face à ce Margé qui avait besoin de prendre confiance, Luque sut trouver la bonne approche pour que le cornu se livre dans quelques séries droitières de correcte facture, un trasteo technique dont le fond échappa sûrement un peu aux néophytes présents sur les étagères mais qui fut apprécié par une bonne partie du public qui réclama une oreille après une lame en place rapide d’effet. Hélas l’oreille (règlementaire) du public ne fut pas accordée et la récompense se limita à une vuelta.

Le quinto, après une paire de véroniques, changea de terrain et ne permit guère plus à Daniel Luque. Une première pique traserita avec belle poussée en mettant les reins sur plus de dix mètres, puis une courte ration de fer mirent fin au premier tiers. Débutée par cinq passes hautes pieds rivés au sol, la seconde faena ambidextre du garçon fut tout aussi technique que la première face à un toro au parcours limité, toro qui avait peut-être trop donné au premier tiers. Final par luquecinas face à un astado arrêté, puis une entière en place faisant apparaître un mouchoir au palco, un mouchoir qui aurait été plus justifié lors d’un méritoire premier combat.

Face au troisième, Joaquin Galdos fut pratiquement inédit. RAS au capote avant deux rations de fer en arrière, très trasera la première, puis une faena express, vite expédiée face à un Margé de peu de charge finissant parado. Entière caida au second assaut, rapide d’effet, et silence pour le jeune péruvien.

Le sixième, « Eos« , fut assurément le toro de la tarde, un animal brave et noble avec en plus le bonus de la classe.Après quelques véroniques et une media, Galdos le présenta face au uhlan de service pour deux piques prises en poussant avec fijeza, trasera la première, latérale et pompée la seconde. Bien doublé genou fléchi, le dernier Margé de la tarde fut ensuite convié à une faena ambidextre bien construite mais en-dessous des qualités affichées par le bicho, un animal que j’aurais bien aimé voir dans les mains de Daniel Luque. Le péruvien eut le mérite de ne pas laisser passer cet excellent adversaire qui fut occis d’une lame en place. Vuelta justifiée pour « Eos » et deux oreille pour Galdos.

Une course intéressante des pupilles de Robert et Olivier Margé, principalement dans sa seconde partie, et qui nous fit quitter les lieux sur une bonne impression. Ce n’est pas toujours le cas !

Reseña et photos : Paco.
Vidéo : feria TV.