Dax. 16 août (tarde). Les Jandilla sauvés par Castella, deux oreilles, et Urdiales, une oreille.

Troisième corrida de feria, arènes quasi-combles, soleil et chaleur, deux heures vingt-cinq de spectacle.

Six toros de Jandilla, bien présentés, quelques belles armures, tous deux piques prises avec une certaine bravoure à l’exception des cinquième et sixième, mansos, quittant seul le cheval et le fuyant. De 550 à 510 kilos au départ chez l’éleveur. Plutôt compliqués à la muleta.

  • Diego Urdiales (bleu et or) : au premier, une entière, silence ; au quatrième, une entière magistrale, avis, une oreille.
  • Sébastien Castella (bleu pâle et azabache) : au deuxième, une entière d’effet rapide, deux oreilles ; au cinquième, une entière, avis, salut. 
  • Toñete (bleu marine foncé et or) : au troisième, une entière, un descabello, silence ; au dernier, un pinchazo et une entière, silence.

Apostille. A l’issue du paseo la Mairie de Dax et la commission taurine ont célébré le vingtième anniversaire de l’alternative de Diego Urdiales dans ces mêmes arènes de Dax en 1999.

Sébastien Castella a très vite compris tout le parti qu’il pouvait tirer de cet « Historico », même s’il venait de sauter dans le callejon. Impossible de lui arracher une seule passe de cape. Par contre, lorsque Sébastien prend la muleta, on a l’impression qu’il est transfiguré. Le drapelet prend un rythme d’une lenteur irréelle, démontrant une grande élégance en tirant ses muletazos à fond comme s’il arrêtait le temps. Il multipliera les passes avec inventivité et bon goût. Jamais il ne parut ennuyeux, bien au contraire. Il terminera avec un magistral coup d’épée qui l’aidera sûrement dans l’obtention de son second trophée. Mais si le public était enchanté, Castella devait être déçu, lui qui refusa une sortie en triomphe. Son deuxième combat fut très loin d’égaler ces moments. Cette faena fut un combat où il fut constament obligé d’avoir recours à des passes de châtiment. L’animal était un assassin dans l’âme. Ce ne sont pas quelques cites de loin qui parviendront à l’améliorer. Mais il avait déjà fait l’essentiel et sauvé la corrida.

Diego Urdiales, malgré le peu de collaboration des Jandilla, avait décidé de marquer l’anniversaire de son alternative. Au combat impossible en doblones et châtiment avec le premier Jandilla, il opta pour un style sérieux avec un combattant plus commode. Une série de passes de châtiment avant d’ouvrir une première série qu’il soulignera de trincheras et de quelques naturelles. La musique répondra à cette volonté de conquête. Il passera ensuite, totalement sur la main gauche pour des moments très harmonieux et débordants de douceur. Tout au long du combat il maintiendra une muleta basse et ne laissa jamais s’échapper le tête du toro. Il fut long, très long pour cadrer son toro pour la mise à mort. Mais la préparation s’avéra payante. L’acier fut magisral et foudroyant. Lui aussi avait sauvé la corrida et fêté en une oreille son entrée dans la profession de torero.

Toñete a paru bien pâle, surtout en comparaison de ces deux maestros, mais surtout en-dessous de ses toros. Il ne sut jamais servir une faena qui aurait pu les réduire. Dans ses deux tentatives il demeura très anodin.

Une corrida qui aurait pu être triomphante… Les jandilla ont trahi, mais Castella et Urdiales ont sauvé l’après-midi.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Jean-Pierre Souchon.