Béziers. 16 août. Puerta Grande pour Léa Vicens.

Après trois-quart d’arène hier, bonne entrée pour ce second jour de feria avec deux tiers de remplissage des étagères pour assister à cette mixte qui opposait Léa Vicens à deux toros de Fermin Bohorquez, et Emilio de Justo et Pablo Aguado à quatre toros de Jandilla.

Quasiment sans faute pour Léa Vicens qui fut récompensée de trois oreilles (1 et 2) lui permettant de sortir à hombros par la Grande Porte des arènes du plateau de Valras.

Opposée à deux bons exemplaires de Fermin Bohorquez la nîmoise nous offrit deux belles prestations, bien rythmées avec élégance et précision. Les deux toros jerezanos dépassaient les 500kg. Ils étaient bien présentés, nobles et désireux de collaborer….Ils répondirent à merveille aux sollicitations de la cavalière.

Le meilleur fut le second, il laissa ses deux oreilles après une lame entière, quasi foudroyante, précédée d’un pinchazo sans lâcher le manche. La mort de son premier toro avait nécessité l’usage unique de l’épée cruciforme pour succéder à une entière légèrement trasera qui libéra une oreille. 

Deux très belles salidas bien maîtrisées : Bach fit d’excellents recortes au premier opposant avant de permettre la pose d’un castigo unique. Guitarra  ne fut pas en reste avec le second toro. Elle fut complice d’un bon châtiment bien placé à la base du morillo. S’agissant des deux faenas que nous proposa Léa, elles furent harmonieuses et rondement menées, sans temps morts, construites avec habileté, et intelligence…..la grâce de la nîmoise toucha les tendidos.

A son premier, Diluvio présentant ses hanches aux cornes, dans un déplacement  sur l’arrière-main, avant que ne soit cloués 3 bâtons successifs de qualité avec abords de face et bien templés. Deux banderilles furent posées à la suite avec Bazuka, la première très bonne.

Deseado, vint fleurir le bicho de deux roses, après avoir courtisé l’animal par une série de Terre-à-Terre et de Levade spectaculaires.

La faena du second toro fut assurée en première instance par Bético. Ce dernier effectuait son retour dans les ruedos après un repos forcé consécutif à un problème tendineux d’un membre antérieur. Avec lui, Léa nous montra des  déplacements latéraux de bon niveau avant de clouer 3 bâtons: 2 de face et 1 al violin.

Bazuza revint en piste pour deux banderilles de face de bonne facture, précédées d’un piaffer pour fixer l’attention du Bicho.

Greco entra en lice pour couronner la belle faena avec 2 roses.

Le premier combat d’Emilio de Justo débuta plutôt mal, le garçon se faisant enfermer dans les planches sur la seconde esquisse de véronique par le premier Jandilla et se voyant obligé de rompre le combat. La suite de la réception se fit en mode prudent. Après une première pique où le bicho souleva un peu le cheval, le cacereño se risqua à un quite par trois chicuelinas et demie avant de replacer l’animal pour une courte ration de fer. Pablo Aguado conclut ce premier tiers à l’identique du titulaire, rematant quant à lui son quite par une revolera. Joliment débutée par doblones genou ployé, la faena ambidextre fut de bonne facture, même si on peut reprocher au garçon de prendre la main gauche tardivement quand l’animal commence à réduire la voilure. Final par manoletinas précédant une entière contraire foudroyante. Oreille.

C’est par des véroniques appuyées que l’extremeño conduisit son second Jandilla vers le centre où il le fixa par une revolera. L’animal poussa ensuite un peu la pièce montée lors de la première rencontre, doublant la mise pour une seconde ration de fer traserita. Brindée à l’assistance, la seconde faena d’Emilio fut plus inégale, le Jandilla derrotant en fin de passe et accrochant l’étoffe d’où quelques scories dans l’exécution des muletazos face à un bicho un peu tardo. Une faena au demeurant dominatrice, De Justo exprimant tout le jus d’un astado qui finit complètement essoré. Entière contraire au second assaut. Salut au tiers.


Pablo Aguado
est un torero qui soigne le geste, un peu à la façon de Castella version nouvelle. Quand ça passe, c’est beau, quand le bétail ne s’y prête pas, c’est plus brouillon. Ainsi les véroniques de réception du troisième furent elles harmonieuses, la demie enganchée et la revolera correcte. L’animal insista sur le peto à la première rencontre, finissant par déséquilibrer le cheval qui finit au tapis. Le second puyazo fut un peu en arrière du point d’impact idéal. Emilio de Justo intervint au final pour un quite par deux véroniques et une media. Muleta en mains, Pablo retrouva l’harmonie et le rythme, signant une première faena ambidextre toute de temple et de douceur et justement dosée dans la durée. Conclusion par quatre naturelles de face, pieds joints et corps relâché avant une entière contraire tendida suffisante pour occire l’animal. Oreille.

L’ouverture du dernier combat se fit par véroniques et demie de note moyenne avant courte première ration de fer doublée d’une seconde un peu trasera. Muleta en main, face à un bicho aux cornes accrocheuses, le sévillan fit ce qu’il put mais l’ensemble résulta décousu, à droite comme à gauche. Quelques naturelles de meilleur son au final, puis une demi-lame contraire atravesada complétée par un descabello pour clôturer une tarde finissant hélas a menos. 

Puerta Grande pour Léa Vicens.

Reseña et photos : Paco. Reseña rejon : Freddy Porte.
Vidéo : feria TV.