Dax. 15 août (matin). Un Ponce retrouvé qui coupe une oreille avec Manzanares.

Première corrida de feria, 15 août le matin, arènes quasi-combles, temps légèrement couvert, température agréable, deux heures vingt de spectacle.

Six toros de Victoriano del Rio, dont un sobrero en remplacement du quatrième renvoyé pour boiterie,  et un Toro de Cortes (2°). Tous bien présentés, bien armés, prenant deux piques avec une certaine bravoure, de 530 à 510 kilos sur la balance de l’éleveur. Généralement d’une noblesse acceptable et toréables à la muleta, mais s’éteignant trop vite comme manquant d’un fond de vraie race..

  • Enrique Ponce (bleu foncé et or) : au premier, trois pinchazos et une entière, silence ; au quatrième, une entière, une oreille avec forte ovation.
  • José Maria Manzanares (rouge foncé et or) : au deuxième, une entière basse, silence ; au cinquième, une entière foudroyante, une oreille.
  • Cayetano (bleu et or) : au troisième, deux pinchazos et une entière, silence ; au dernier, deux pinchazos, une entière, silence.

Enrique Ponce, pour son retour en France après cinq mois de convalescence, a été accueilli par une forte ovation qu’il a partagée avec ses deux compagnons de cartel. Certes ses débuts sur le sable furent laborieux. Mais les Victoriano n’étaient pas ceux de la ganaderia légendaire. Prudent à la cape, il se lancera ensuite dans des séries de passes très douces données avec le corps relâché et la muleta traînant sur le sable. A gauche il donna quelques passes, véritable régal. Quand il revient, il a le rictus de celui qui veut gagner. L’animal est un peu plus compliqué que les autres, il lui sert trois doblones genou plié et muleta parfaitement basse. Il signe quelques changements de mains spectaculaires et des trincheras d’enfer. Il terminera sous l’ovation oreille en main.

José Maria Manzanares s’est laissé surprendre lors de sa première sortie. Un toro qu’il pensait pour lui mais pour lequel il ne trouva pas le sitio. Il récitera quelques muletazos sur la droite de façon très classique mais sans aucune profondeur. Une tauromachie mécanique. Il revient lui aussi avec la volonté de tout bouffer. Il y aura de bons moments… tentant de se sauver au centre de la piste. C’est là où il donnera l’impression de dominer. Il voudra conclure avec un recibir mais ne pourra y parvenir mais son estocade foudroyante est un modèle du genre. Il aura son pavillon.

Cayetano sera le grand perdant de cette matinée, ne rencontrant pas le toro qui lui convenait, noble et mobile. Les Victoriano manquent de race pour lui offrir cette opportunité. Pourtant avec son premier il distillera beaucoup d’art, avec beaucoup de lenteur dans ses passes… Mais ce ne fut qu’un feu de paille. Il clôturera la course avec une belle maîtrise du sujet, des moments de rêve, mais jamais il ne put lier une série complète. Ce fut une mauvaise matinée.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Jean-Pierre Souchon.