Dax. 15 août (tarde). Un grand Pedraza pour sauver le nom et une oreille pour Chacon.

Deuxième corrida de feria, arènes combles, no hay billetes, temps couvert, température agréable, deux heures quarante de spectacle.

Six toros de Pedraza de Yeltes, parfaits dans le premier tiers, manquant d’alegria par la suite et parfois de charge. Tous très bien présentés et bien armés, de 595 à 540 kilos à l’élevage. Le quatrième et le cinquième applaudis à l’arrastre.

  • Octavio Chacon (moutarde et or souligné de noir) : au premier, une entière, salut ; au quatrième, une entière, une oreille.
  • Daniel Luque (bleu marine foncé et or) : au deuxième, un pinchazo, une entière, deux descabellos, deux avis, vuelta; au cinquième, un pinchazo, une entière, un descabello, silence.
  • Juan Leal (bordeaux et or) : au troisième, deux pinchazos, une entière, silence ; au dernier, une demi-lame, une entière, deux avis, silence.

Apostille. Le banderillero Raul Caricol de la cuadrilla de Luque a salué par deux fois aux banderilles.

Depuis quelques années, Pedraza de Yeltes est un élevage emblématique dans les arènes de Dax. Hier cette belle fidélité dans la réussite s’est un peu émoussée. Certes de magnifiques toros mais manquant rapidement de race dans la fin de la lidia. Mais le premier tiers fut toujours irréprochable… surtout avec le cinquième pour lequel la musique joua aux piques. On retrouva à ces instants la légende Pedraza.

Octavio Chacon a eu le tort de vouloir trop faire piquer son adversaire. Il se régalera sur la main droite et sera rapidement débordé à gauche. Il conduit une faena un peu chaotique mais avec quelques bons moments. Chacon donne souvent l’impression de dominer. Il termine sur un coup d’épée qui lui vaut un salut malgré une légère pétition d’oreille. Par contre on l’appréciera à son retour, où par deux fois, il citera « Mirante » à plus de trente mètres pour l’embarquer dans des séries sur la main droite, muleta très basse où il démontre toute sa domination. Sa faena sera complète même si elle fut un peu pauvre à gauche. Un mise à mort fulgurante pour terminer.

Daniel Luque, tout d’abord accueilli à son entrée en piste par une chaleureuse ovation, saluant le vainqueur de la corrida historique, la veille à Bayonne. Le torero aurait bien voulu recommencer, d’autant qu’il retrouvait un Pedraza. Mais celui de Dax n’avait pas les qualités trouvées à Bayonne. Il fut particulièrement agréable sur la main gauche mais à chaque passe le toro manquait d’un peu plus de nerf. Heureusement, il se frottait, avec son deuxième toro, à un défenseur, le seul, de la légende de Pedraza. Il reviendra trois fois sous la pique après avoir soulevé le cheval et renversé le groupe, trois piques terminées sous les applaudissements du public alors que la musique se mettait à jouer et qu’à la fin du tercio Luque allait saluer son picador. Peut-être le grand moment de la course. Mais rapidement le reste manqua de nerf et d’émotion et s’acheva dans un triste silence.

Juan Leal ne fut guère chanceux avec son lot. Il fut agréable à la cape à son premier, débordé avec son second. Il servira chaque fois un toreo très classique et bien fait. Mais il ne parvint pas à passer la rampe avec deux adversaires un peu mornes. Il a montré un courage suicidaire avec le dernier, tentant tout pour briller au risque d’un méchant coup de corne. Un journée  qui aurait dû être triomphante en deux fois… et qui demeura un peu morne.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Jean-Pierre Souchon.