Béziers. 15 août. Ouverture en Cuvillo mineur.

Les toros de Nuñez del Cuvillo programmés pour la corrida d’ouverture de la Feria de Béziers ont gâché cette première tarde par leur manque de race, et quelquefois de forces.

Le vent, sans être très violent, a gêné les trois toreros qui ont eu du mal à maîtriser les capes lors de la réception des toros, d’où RAS au capote pour saluer l’arrivée des bichos dans le ruedo.

Sébastien Castella fit un peu trop piquer son premier, qui n’était pourtant pas un foudre de guerre, et qui accusa le second puyazo (pompé) au dernier tiers. Débutée main sur les tablas et poursuivie par doblones genou fléchi, la première faena ambidextre du biterrois fut de correcte facture, Sébastien s’appliquant à dessiner ses passes avec temple et douceur, mais le manque de présence de son opposant fit que l’ensemble resta dans les tons neutres. Au final, le Cuvillo se dégonfla. Castella tenta d’en tirer les dernières gouttes de jus dans un final encimista qui n’ajouta rien à l’affaire. Entière caidita pour parapher l’ensemble. Palmitas.

Le second toro de Sébastien afficha d’entrée un comportement réservé de mansote qui se confirma lors de la première rencontre avec le lancier, le bicho fuyant la pièce montée sous la première morsure du fer. Il y revint pourtant  brièvement. Bien décidé à triompher sur ses terres, Castella brinda au public une seconde faena qui débuta comme souvent par des passes cambiadas au centre avant de s’étoffer sur les deux bords malgré les derrotes en fin de passe du Cuvillo. Final par circulaires inversées et à l’endroit, puis par un toreo encimista qui montra que le garçon avait complètement dominé son adversaire. Entière presque en place (si on veut être précis, on dira un peu delantera, un peu latérale et un peu atravesada). Oreille avec forte pétition de la seconde que le palco refusa de valider, un trophée que Sébastien vexé jeta avant d’entamer sa vuelta.


Miguel Angel Perera
, inédit au capote, fit piquer légèrement à deux reprises son premier adversaire avant de composer une faena ambidextres très technique pour s’opposer à un vent souvent gênant, l’épée venant aider au dessin des naturelles. On retiendra une belle série de derechazos dessinés en courant bien la main avant un final encimista, l’ensemble manquant un peu de transmission du fait du manque de présence du Cuvillo. Entière caidita au second assaut, descabello. Palmas.

Le cinquième toro, abanto de salida, fut compliqué à fixer dans l’étoffe. Après un picotazo et une ration de fer de moyenne intensité, l’extremeño s’appliqua à intéresser le Cuvillo qui petit à petit prit confiance et collabora à quelques séries ambidextres. Mais très vite il se dégonfla et rompit le combat, sortant seul des muletazos et quittant la zone de combat. Il fit ainsi parcourir à Perera un bon tiers de la circonférence du ruedo avant d’être expédié d’une lame caida. Silence.

Toñete ne fit pas mieux que ses collègues lors de la réception du troisième qui prit ensuite deux rations de fer d’intensité décroissante. Suivit une faena ambidextre orchestrée devant le toril, un trasteo inégal où le garçon alterna passages de correcte facture et gestes brusques et brouillons, l’ensemble résultant un peu décousu. Demi-lame trasera et tendida pour mettre fin au débat. Silence.

Le sixième ne lui permit pas de rehausser le niveau. Après deux piques sans éclat, le bicho passa en mode défensif et joua du couvre-chef. Toñete fit ce qu’il put, arrachant des muletazos forcément sans éclat. Quasi-entière en place pour mettre fin à l’ennui de cette tarde. Silence.

Note.

Le décor de cette corrida de la Culture Méditerranéenne avait été confié au peintre Loren. Des tablas aux couleurs bleu et blanc rappelaient la Méditerranée toute proche, le Minotaure s’affichait sur les burladeros et son labyrinthe sur le sable du ruedo biterrois. Hélas ce jour la beauté de l’écrin fut ternie par le spectacle proposé !

Reseña et photos : Paco.
Vidéo : feria TV.