Parentis-en-Born. 11 août. Oreille pour Juan Carlos Carballo et Cristobal Reyes.

Arènes combles, paseo retardé en raison de l’affluence au guichet, temps couvert, température agréable, légère brise d’ouest, deux heures quarante de spectacle.

Sont successivement sortis en piste des novillos de Raso de Portillo, Prieto de la Cal, Valdellan, Pablo Mayoral, Los Maños et Raso de Portillo. Tous parfaitement présentés dans le type de leur élevage, un accessit au Prieto de la Cal, tous deux piques, sauf le Los Maños, trois châtiments et récompensé d’une vuelta al ruedo. Généralement toréables à la muleta, malgré quelques difficultés.

  • Juan Carlos Carballo (rose et blanc) : au premier, une entière, avis, une oreille ; au quatrième, une entière, silence.
  • José Cabrera (bleu marine et or) : au deuxième, un pinchazo, une entière, quatre descabellos, silence ; au cinquième, deux pinchazos, une entière, vuelta.
  • Cristobal Reyes (rouge et or) : au troisième, une entière, deux descabellos, avis, salut ; au dernier, une entière, une oreille.

La deuxième novillada du centenaire de la tauromachie espagnole à Parentis s’est terminée en apothéose, en cinquième position la vuelta d’un novillo de Los Maños et pour en finir une oreille coupée sur un magistral coup de rapière par Cristobal Reyes. Après quelques doutes la veille, tout est rentré dans l’ordre aux arènes de Parentis, véritable temple, gardien et défenseur du toro de combat. Parentis qui s’était souvenu d’un des premiers défenseurs canal historique, notre ami Michel Benito récemment disparu.

La journée s’était ouverte par un hommage aux ganaderos invités à ce centenaire. Des ganaderos dont le bétail a écrit les grandes heures de l’arène. On retrouvait le matin, (notre photo) accueilli par le président Serge Villetorte, à droite sur l’image, les éleveurs, entre autres, de gauche à droite, le responsable de Tabernero de Vilvis, Tomas Prieto de la Cal, Maja responsable de Pablo Mayoral, les deux passionnés qui veillent sur Raso de Portillo, Alain Lartigue et le patron de Los Maños. Le maire dressait un historique passionnant de la tauromachie espagnole à Parentis-en-Born.

Juan Carlos Carballo, avec un Raso de Portillo, avait l’honneur d’ouvrir la novillada du centenaire. Plutôt séduisant à la cape avec quelques belles véroniques, on le retrouvait à la muleta dans une première série de lutteur qui lui permettait de s’imposer sur la main droite. A gauche, il faisait preuve de la même efficacité et il terminait par quelques passes, plus pour son bonheur de toréer que de maîtriser l’animal. Une oreille, la course était lancée. Lorsqu’il reviendra avec un Pablo Mayoral, il ne témoignera pas de la même intensité, brouillon à la cape puis trébuchant lors des mises en suerte au cheval… Il brindera à la ganadera. Un premier moment de lutte à droite puis il poursuit sa domination sur l’autre main. Ce n’est ni brillant ni éclatant, mais efficace pour dominer le novillo.

José Cabrera tombe sur un excellent Prieto de la Cal qu’il domine assez facilement en étant très présent dans tous les mouvements de sa muleta. Mais sur la fin il se laissera dominer. En fait, il n’a jamais été très à l’aise. Pour la seconde fois il prendra les banderille face un Los Maños, un adversaire très mobile malgré les trois piques qu’il vient de prendre avec bravoure. Il saura baisser la muleta pour faire humilier le novillo et ouvrir une faena sur la main droite, avec vigueur et détermination, le public éclate en applaudissements et la musique se met à jouer. Il interprètera sa partition sur les deux mains… Son hésitation à la mort lui coûtera un trophée. Une vuelta tout de même dans laquelle il entraîne la fille de l’éleveur.

Cristobal Reyes n’entre dans une arène que pour gagner. Ce n’est pas parce que son Valdellan cherche constamment les planches qu’il n’ira pas le toréer à cet endroit. Il a brindé à Serge Villetorte,  et, malgré les difficultés, demeurera serein dans une tempête qui parfois le dépasse. Avec pour terminer un second Raso de Portillo (il remplace le Tabernero de Vilvis qui s’est blessé au corral), Cristobal Reyes affichera une très belle gestuelle à gauche, mais il ne parvient pas à lier sur l’autre côté. Le novillo très brillant au début s’éteint rapidement, et le corps à corps entre l’homme et l’animal ne change rien. Aussi il prend l’épée et se jette sur le novillo qui s’écroule sous le fer. L’oreille est dans la poche.

Une excellente novillada avec la diversité de ces fers emblématique de l’élevage espagnol.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Romain Tastet.