Villeneuve-de-Marsan. 6 août. Dorian Canton nouveau matador et Ruben Pinar en triomphe.

Arènes combles, no hay billetes, ciel couvert et menaçant, température agréable, deux heures vingt de spectacle.

Six toros de Dos Hermanas et un de Piedra Rojas (élevages de Patrick Laugier), remplaçant le premier refusé pour boiterie. Des toros bien fait, sans excès de poids, certains petits et légers, bien armés, mais toujours très bien proportionnés. Tous une pique, prise avec une belle bravoure. Parfaitement toréables à la muleta avec une jolie noblesse.

  • Dorian Canton (paille et or souligné de noir), qui prenait l’alternative : au premier, deux pinchazos et un mete y saca, silence; au dernier, un quart de lame, palmas de despedida.
  • Ruben Pinar ( bleu pétard et or) : au deuxième, un pinchazo et une entière, deux oreilles ; au quatrième, une entière, salut.
  • Thomas Dufau (bleu ciel et or) : au troisième, un pinchazo et une entière, silence ; au cinquième, une demi-lame et trois descabello, silence.

Apostille. Une minute d’applaudissement hommage a été respectée à la mémoire de Georges Dumont, le premier à amener des toros à Villeneuve.

Le 6 août en fin d’après-midi, après une ultime péripétie, le toro prévu pour l’alternative de Dorian Canton devenant boiteux après les banderilles, il faut lui substituer un remplaçant. Dès lors, empêché par la pluie de Bayonne, le 27 juillet dernier, Dorian Canton peut devenir le soixante sixième matador français de l’histoire de la tauromachie, une alternative conférée par Ruben Pinar en présence de Thomas Dufau. Malheureusement le jeune gasco-béarnais a échoué à l’épée, perdant tout espoir de trophée pour le toro d’alternative. Le dernier Dos Hermanas était trop faible pour lui permettre de se racheter. Mais Dorian Canton est matador et c’est là l’essentiel.

Dorian Canton, reçoit son toro d’alternative par deux excellentes véroniques. Après que Ruben Pinar lui ait confié muleta et épée, le garçon brinde à son père et débute par une série à droite très appliquée. Sur l’autre main il démontrera beaucoup de temple et accompagnera en musique le rythme lent du toro… mais cette douceur imposée enlèvera toute émotion à cette première rencontre. Un farol et deux capotazos à genoux, Dorian est bien décidé à bousculer la course et à convaincre. Ses premiers muletazos à genoux en sont une nouvelle preuve. Mais rapidement l’animal perd la fougue manifestée à sa sortie et se couche de faiblesse. Le reste est anecdotique.

Ruben Pinar, avec quelques véroniques de qualité et une série de chicuelinas, va s’inventer un toro qu’il ne cesse de mettre en valeur avec de grandes séries sur les deux mains terminées par des pechos majestueux. A chaque muletazo le toro semble gagner de la puissance. Une faena particulièrement réussie. Par la suite il se fait remarquer à la cape et trouve rapidement le bon sitio pour maîtriser son second adversaire… Mais cette fois le toro s’éteint rapidement, lui laissant à peine le temps de quelques naturelles. Il sortira tout de même en triomphe pour son premier combat.

Thomas Dufau, toujours aussi élégant au capote, sera très à l’aise sur la main droite et il n’y a rien à lui reprocher sur l’autre côté. Il terminera par une séquence en ayant jeté l’épée, allant d’une main à l’autre avec une certaine aisance. Là aussi l’ensemble aura manqué d’émotion. On retrouvera un torero qui, après quelques statuaires, posera très bas sa muleta pour signer de parfaites séries en point d’orgue sur de beaux pechos. Au total un ensemble très sensible et bien rythmé avec beaucoup de profondeur dans les naturelles.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Victoria Bordes.