Mont-de-Marsan. 21 juillet. La grande déception Victorino… Une seule vuelta pour Chacón.

Cinquième et dernière corrida de feria, arènes combles, temps nuageux, un peu de brise, deux heures vingt de spectacle.

Sept toros de Victorino Martín, tous gris ou dans les nuances de gris, spectaculairement armés, mais sans excès de poids et plutôt petits, le septième, qui remplaça le dernier renvoyé pour boiterie, était indigne de sortir dans une arène de première catégorie, tout au plus un gabarit de novillo. Tous deux piques prises avec une certaine bravoure. A la muleta, compliqués et difficiles car ils n’ont jamais répétés naturellement. Les toreros ont dû arracher les muletazos, un à un.

  • Octavio Chacón (moutarde et or souligné de noir) : au premier, un pinchazo, trois-quarts de lame, un descabello, silence ; au quatrième, une entière, avis,  vuelta.
  • Javier Cortès (bleu sombre et or) : au deuxième quatre pinchazos, un quart de lame, deux descabellos, avis, silence ; au cinquième, un quart et une demi-lame, silence.
  • Juan Leal (blanc et or) : au troisième, une entière, salut ; au dernier, une entière, silence.

Apostille. Au cours du tercio de banderilles, le banderillero José Prestel, de la cuadrilla de Javier Cortès, a été blessé sérieusement sur le haut de la cuisse droite. Il a été transporté à l’infirmerie puis admis en soirée à l’hôpital de Mont-de-Marsan.

Un chahut majeur, entre bronca, quolibets et cacophonie. Un public véritablement en colère après la sortie du sobrero remplaçant le dernier toro de la course. Un gabarit de novillo… qui complétait un lot qui n’avait pas brillé par excès de poids. D’une manière générale des toros plutôt légers qui n’ont pas compensé cet aspect physique par un moral et un comportement de lutteurs. Bien au contraire, il y eut beaucoup de fadeur tout au long des combats qui se sont égrennés. A part « Pobrecito », combattu par Chacón qui avait de belles qualités. C’est tout de même un peu court pour terminer une feria qui avait besoin de redorer son blason, surtout après la course de Nuñez del Cuvillo.

Victorino qui nous a si souvent fait rêver, qui nous a montré de grands toros, n’était pas au rendez-vous, une trahison pour ces milliers d’aficionado qui ont lancé une dernière bronca à l’adresse de Marie Sara.

Octavio Chacón a obtenu la seule récompense majeure, une vuelta à son quatrième adversaire, l’un des meilleurs toros du lot. Il lui avait servi un bon tercio de cape et, à la muleta, après deux séries sur les deux mains, appuyait sa domination. En allant chercher les passes une à une, il construisait ce toro, pour une faena complète ou presque. On peut dire qu’il a inventé son adversaire. Lors de sa première sortie il était demeuré dans la facilité  sans jamais intéresser le public.

Javier Cortès a été très agréable à la cape à chaque fois.  Son premier combat est un véritable duel avec le Victorino. Il se bat comme un diable et finit par soumettre le toro sur la main gauche. C’est en fait la seule faena où l’on ressentira un peu d’émotion. Pour sa deuxième sortie, avec un animal soso, il ne fera rien  et terminera en chiffonnant avec sa muleta, a la recherche d’inspiration ou d’un salut qui ne viendra pas.

Juan Leal,  après ses gros succès de début de temporada, ne méritait pas cette journée montoise où lors de sa seconde sortie où il a toréé dans l’indifférence, tant le gabarit du Victorino était indécent. Certes Il avait mieux commencé avec son premier toro. Juan Leal avait montré toute sa volonté de tenter un triomphe à La Madeleine (notre photo : Juan Leal avec son premier Victorino).

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Romain Tastet.