Mont-de-Marsan. 20 juillet (nocturne). Les Ave Maria déçoivent, El Rafi et Kike coupent une oreille.

Pour leur première sortie à La Madeleine, dans le Sud-Ouest, les novillos de Ave Maria (Robert Margé-Philippe Pagès) ont été loin de convaincre.

Certes il n’y a rien à reprocher sur leur présentation, tous hauts et bien armés, mais ils se sont rapidement éteints dans la muleta des novilleros… exception faite du premier, mais aussi le seul à n’avoir eu qu’une pique. De là à penser que les deux châtiments ont pesé trop lourd sur le comportement… Chez beaucoup aussi, une fâcheuse tendance à être querencioso, et à se bloquer souvent près de la barrière. La rencontre s’est déroulée devant une jolie petite demi-arène.

Tibo Garcia (nazareño et or) a ouvert une faena dominatrice utilisant les deux mains, mais souvent il n’a pas pu aller jusqu’au bout de ses passes. Même moins piqué, son toro finira par s’arrêter, immobile, au centre de la piste. Mise à mort laborieuse. Quatre pinchazos, un quart de lame, un descabello, avis, silence. 

El Galo (blanc et or) a rapidement séduit le public par son courage, avec une porta gayola pour ouvrir les débats suivie de trois largas à genoux. Puis après il fleurira sa cape, à la mexicaine, sans pour autant peser véritablement sur le novillo. Nouvelle leçon de courage aux banderilles sur deux paires suicidaires près des planches. A la muleta quelques muletazos à genoux, mais le fauve commence à ralentir et lui inflige une violente cogida. La mort sera également difficile. Un pinchazo, une demi-lame, une entière, six descabellos, avis, silence.

El Rafi (moutarde et or) d’un élégant classicisme à la cape, il lancera sa faena sur une grande série de naturelles. Pendant quelques minutes il va toréer avec beaucoup de rigueur, conduisant parfaitement le novillo sur les deux mains… Mais progressivement il perdra la précision dans les passes. Une estocaderfulgurante et la première oreille.

Cédric Fructueux « Kike » (vert bouteille et or), est très sage et même prudent à la cape face à cet Ave Maria qui lance d’abord ses pattes dans l’étoffe. Il profitera du bon recorrido de l’animal pour servir ses premières passes sur le voyage. C’est une faena très variée, quelques ayudados de temps à autre. Mais l’ensemble est beaucoup trop rapide pour véritablement convaincre. Une entière d’effet rapide et une oreille.

Juan Molas (beige et azabache), toujours aussi élégant, précis et précieux dans l’’exécution des figures. Le dacquois a témoigné d’une grande sérénité. Il aura le mérite de dessiner ses séries, à gauche comme à droite, sur de minuscules terrains, les pieds rivés dans le sable. Très connaisseur du toro, il a su chaque fois le changer avant de se faire enfermer dans une querencia annoncée. Un pinchazo et une entière, salut.

Yon Lamothe (vert et or) aura vécu une soirée bien compliquée. Il sauvera sa sortie par cinq grandes véroniques. Il tentera bien de réduire le novillo sur la gauche, mais en comportement c’est sûrement le pire du lot. Il lui faut citer et citer à nouveau pour aller chercher une passe au bout du monde. Il devra finalement renoncer a construire un ensemble cohérent. Deux pinchazos, quatre descabellos, silence.

Le bétail n’aura pas participé à la réussite de cette soirée.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.