Mont de Marsan. 20 juillet (tarde). De fades Nuñez del Cuvillo pour une oreille à Ginès Marín.

Quatrième corrida de feria, arènes combles, temps couvert, température agréable, deux heure vingt de spectacle.

Sept toros de Nuñez del Cuvillo, le second remplacé par un sobrero du même fer, tous plutôt bien présentés et bien armés, mais de peu de transmission, souvent sosos, parfois sans forces, à l’exception du troisième et du cinquième, plus mobiles et agressifs. Tous deux piques, la première souvent sévère et violente. Le dernier sifflé à l’arrastre.

  • Paco Ureña (moutarde et or) : au premier, une entière, silence ; au quatrième, un pinchazo, un mete y saca et une entière, silence.
  • Emilio de Justo (rouge et or) : au deuxième, une demi-lame et deux descabellos, silence ; au cinquième, un pinchazo, une entière, un descabello, salut.
  • Ginès Marín (vert et or) : au troisième, une entière, une oreille ; le dernier, une entière, silence.

Comment penser que les toros de Nuñez del Cuvillo pourraient un jour décevoir… Et pourtant ce fut le cas pour la quatrième corrida de la feria de La Madeleine à Mont-de-Marsan. A part le troisième et le cinquième, ce fut un lot dans l’ensemble soso, apathique, qui ne répétait que rarement ses charges et qui a souvent contraint les toreros à des faenas ennuyeuses et de peu d’intérêt. On attendait de fringants et mobiles Nuñez del Cuvillo, nous n’eûmes que de pâles répliques de ce merveilleux élevage.

Ginès Marín a soudain réveillé la course après un élégant tercio de cape en ouvrant sa faena par une grande série de naturelles. Pour pimenter, une ou deux passes changées dans le dos et, petit à petit, il profitera des quelques qualités de son adversaire pour fabriquer son toro. Il le contraindra à se battre dans un tout petit terrain, ce qui fit monter l’intensité de la faena. Dès lors il travailla essentiellement sur la droite, en sachant économiser son adversaire et lui proposant souvent un muleta haute afin d’éviter tout risque de chute. Et pour finir un coup d’épée qui permettait de lancer la corrida.

Il pensait bien renouveler avec le dernier, d’autant que les choses s’étaient parfaitement engagées sur un agréable tercio de piques. Il cita le premier muletazo à genoux, au centre de la piste, mais on découvrit aussitôt que le toro était bien faible et qu’il fallait le conduire à mi-hauteur. Aussi, progressivement la faena devint ennuyeuse et Ginès Marín fut contraint d’en finir rapidement.

Emilio de Justo, offrit l’autre moment important de la course avec le cinquième, assurément leplus mobile et le plus agressif. A l’issue de trois ou quatre passes de châtiment, il dessina quelques naturelles. Il avait compris qu’il était confronté à un solide gaillard et qu’il convenait d’accélérer le rythme de sa faena. Ce nouveau tempo donna plus d’ampleur à la confrontation. Ce fut assez bref, mais plutôt complet. Sous les applaudissements, il en termina avant d’échouer avec l’acier. Pour sa première sortie il avait été obligé d’arracher les passes une à une à un toro soso et sans forces qui remplaçait l’animal obligé de quitter la piste pour boîterie.

Paco Ureña fut le grand malchanceux de la journée. Il hérita du lot le plus apathique. Et à deux reprises il fut contraint d’arracher les passes une à une. Avec son deuxième ce fut un peu mieux mais ce fut une faena au ralenti, sans grande imagination qu’il eut le tort de faire durer. Comment réussir quand il n’y a pas de toros ? Equation qui demeure toujours sans solution.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Romain Tastet.