Mont de Marsan. 18 juillet (tarde). Castella et Lorenzo coupent un oreille et sauvent la course.

Deuxième corrida de feria, arènes combles, quelques nuages du soleil et une agréable brise d’ouest, deux heures vingt de spectacle.

Six toros de Luis Algarra, bien présentés, honorablement armés, tous deux piques prises avec une certaine bravoure, à l’exception du premier et du dernier, soso à la muleta, sans charge et ne répétant que rarement. Des toros à vite oublier dont trois furent sifflés à l’arrastre.

  • Sébastien Castella (vert sombre et or) : au premier, une entière, avis, oreille ; au quatrième, une entière, salut.
  • Cayetano (marron presque noir et or) : au deuxième, une entière, silence ; au cinquième, une demi-lame, un pinchazo et une entière, sifflets.
  • Alvaro Lorenzo (paille brune et or) : au troisième, deux pinchazos, une entière, avis, silence ; au dernier, une entière, une oreille.

Hier, aux arènes du Plumaçon, pour la deuxième corrida de feria, on a frôlé la catastrophe. Après un bon début de Castella, la course sombre dans le soso, le manque de caste et d’agressivité obligeant à multiplier les cites pour tenter de décrocher une passe. Il faudra attendre le dernier toro pour constater que c’est le le plus jeune, à peine un peu plus de quatre ans, « Logroñito » et le plus âgé, cinq ans, « Solito » qui ont permis les éclairs salvateurs. En fait Sébastien Castella, dès le début, a tout compris et surtout qu’il ne fallait pas laisser filer un tel exemplaire. Aussi est-ce avec beaucoup de persuasion, après une élégante série de statuaires que, dans les quelques muletazos qui suivent, il manifeste beaucoup de temple et de douceur. Il impose un rythme assez lent au toro. Que ce soit sur l’une ou l’autre main, il est parfait, exploitant à fond la belle noblesse de son adversaire. Il avait commencé sa sortie par un très joli tercio de cape. Mais ce bonheur de toréer et de réussite n’allait pas se poursuivre avec son second toro. Il lui fallut bien souvent arracher les passes une à une, contraindre l’animal à suivre un leurre dans lequel il ne voulait pas répéter. Il eut alors la chance de rencontrer un public qui l’a encouragé et soutenu jusqu’au bout par ses applaudissements. L’arène du Plumaçon va même jusqu’à lui témoigner bruyamment sa reconnaissance.

Alvaro Lorenzo appartient à la catégorie des gagneurs. Il avait décidé de tout tenter et progressivement il a compris qu’il était face à l’animal le plus mobile et le plus agressif du lot. Il suffisait donc de le dompter, ce qu’il fit avec beaucoup de talent. Citant souvent de loin il commença son opus par une série sur la droite avec une muleta traînant sur le sable et se déplaçant avec beaucoup de lenteur. Il adopta ce schéma sur l’autre main. Une faena très séduisante mais qui progressivement perdit la rigueur du début. Il est vrai que le toro commençait a perdre ses qualités… Il tenta de relancer l’intérêt en jetant l’épée, toréant dès lors d’une main sur l’autre, mais sans parvenir à convaincre.

Cayetano, que beaucoup attendaient, sera très vite oublié pour sa présentation dans le Sud-Ouest. Un premier animal soso, de toute petite charge qui contribua rapidement à une faena ennuyeuse et sans intérêt. Le cinquième avec ses défauts était plus dangereux et Cayetano fit preuve d’une grande prudence. Au lieu de passes de châtiment au début, il secoua sa muleta comme autant d’appel à l’aide… Sentant la colère du public monter, il tenta quelques ayudados, bien piètre figure dans ses mains. Il décida d’en finir rapidement sous les huées. Le vainqueur de la San Firmin était méconnaissable.

Heureusement Castella et Alvaro Lorenzo ont su récompenser le public.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Diaporama : Romain Tastet.