Céret. 13 juillet. Les Fraile créent la polémique.

Première corrida de Céret de Toros avec des toros de Fraile dont la présentation a mécontenté le public.

Ces Fraile, que l’on avait appréciés lors de l’édition précédente, sont sortis pour une bonne moitié imprésentables et les aficionados présents l’ont fait savoir en protestant à leur entrée en piste. Du lot initialement prévu, trois s’étaient rendus inutilisables et ont été remplacés. Renseignements pris, il semble que les ganaderos n’aient pas joué le jeu de la préparation de leurs pupilles et la réponse de l’ADAC aurait dû être un renvoi des bichos au campo. De plus, côté solidité, les forces ne furent pas toujours au rendez-vous.

Bref, une course qui laissa un goût amer dans la bouche. Après celle des Miura, celle de Fraile pourrait mettre en péril la fréquentation des arènes et l’ADAC, n’en doutons pas, aura à coeur de corriger le tir lors des prochaines éditions.

Heureusement que la course des Saltillo du dimanche après-midi a remis les pendules à l’heure (cette reseña a été écrite après la feria). Nous verrons cela en détail dans les prochains comptes-rendus.

Javier Castaño est passé par Céret; il n’y laissera guère un grand souvenir. Certes il ne fut pas très bien servi, mais on n’a pas retrouvé le combattant que l’on avait aimé il y a quelques années. Face au premier, il esquissa deux ou trois véroniques et une demie avant de présenter son faible adversaire face au lancier de service pour un picotazo et une brève ration de fer. Brève faena d’infirmier qu’il n’est pas nécessaire de passer par le détail avant entière suffisante. Silence pour le piéton et arrastre sifflé.

Réception genou fléchi du quatrième qui se jeta littéralement dans le capote avant de prendre trois piques, la dernière en poussant un peu. Bon second tiers de Manolo de los Reyes et Joao Ferreira, puis une seconde faena débutée sur la droite par quelques muletazos volontaires mais sans liaison. Le bicho avertit ensuite le piéton par un extraño, et celui-ci changea alors de main, se faisant plus prudent en toréant sur le voyage avant d’abréger le débat. Tiers de lame à plat après deux pinchazos, descabello. Sifflets.

Ivan Vicente vit son premier adversaire protesté pour être entré en piste avec une cornada à l’abdomen. Il eut été judicieux de l’annoncer au micro en précisant qu’il pouvait être changé si cette blessure l’handicapait, ce qui ne me sembla pas être le cas. Bref, il fut remplacé par un beau sobrero de Peñajara qui, dès son entrée en piste, se cassa le bout de la corne en cognant contre un burladero. Après quelques correctes véroniques de réception, le remplaçant s’employa un peu à la première pique,  retournant vers le picador à deux reprises, la seconde fois du centre, pour un picotazo trasero et une légère ration de fer. Après avoir doublé son adversaire sans grande conviction, Ivan Vicente fut débordé par un animal qui l’obligea à reculer, puis à sauter au callejon. Un toro compliqué que le garçon préféra envoyer très vite ad patres. Trois-quart de lame sans s’engager. Division d’opinions.

RAS au capote face au quinto qui fut piqué à deux reprises avant de donner des signes de faiblesse, ce qui occasionna une faena d’infirmier insipide que le garçon prolongea sans nécessité. Trois-quart atravesada. Silence.

Joselillo tomba sur un premier adversaire qui chassait tout ce qu’il voyait. Quelques véroniques volontaires précédèrent une belle intervention de Tito Sandoval qui piqua l’animal à trois reprises avec une belle efficacité et un grand professionnalisme. Sortie ovationnée. Face à cet animal qui se retournait vite et envoyait la corne en fin de passe, le torero de Valladolid arracha quelques derechazos mais le trasteo tourna court du fait que le Fraile coupa ses charges. Entière tendida pour conclure. Salut.

Le dernier toro de la course déclencha les huées du public par sa présentation avacada (qui ressemble à une vache). Cet animal se mit à tourner au galop autour de la piste, semblant se demander ce qu’il faisait là. Après quelques capotazos et deux rations de fer de peu d’intensité, il manifesta une noblesse niaise dans la muleta de Joselillo qui composa une faena droitière de correcte facture mais de peu de transmission. Entière tendida après pinchazo. Arrastre sifflé et quelques applaudissements pour le piéton.


Les picadors Tito Sandoval (photo) et Jesus Vicente furent récompensés pour leurs prestations respectives. 

Reseña et photos : Paco.
Vidéo : feria TV.