Plaisance du Gers. 14 juillet. Une oreille pour Cristian Parejo et Solalito.

Un peu plus de demi-arène, soleil et rares nuages, température agréable avec une agréable vent d’ouest, deux heures trente de spectacle.

Trois erales du Camino de Santiago et trois de l’Astarac (origine Guardiola). Tous bien présentés, correctement armés, nobles pour être toréables à la muleta. Vuelta pour un Astarac sorti en cinquième position.

  • Cristian Parejo (bleu marine et or) : au premier, un pinchazo et une entière, salut. Au quatrième, avis, une entière, une oreille.
  • Miguel Polope (blanc et or), au deuxième, un pinchazo, un quart de lame, une entière, cinq descabellos, avis, silence. Au cinquième, un pinchazo, une entière, cinq descabellos, vuelta et vuelta au toro. Il remplaçait le colombien Leandro Gutierrez, empêché de participer pour des problèmes administratifs.
  • Solal Calmet « Solalito » (vert et or), au troisième, une entière, une oreille. Au dernier, un pinchazo, un mete y saca, une demi-lame, cinq descabellos, deux avis, silence.

Agréable novillada avec quelques excellents erales qui ont redonné le moral à l’éleveur Jean-Louis Darré après les problèmes rencontrés à Eauze la semaine dernière. Une vuelta pour « San Cristobal », novillo exceptionnel de l’Astarac.

Alors que ganadero et organisateurs avaient prévu de sortir les Camino en première partie et les Astarac pour terminer, Cristian Parejo a exigé de programmer son lot comme il l’entendait en ouvrant la course avec l’Astarac.

Cristian Parejo, très élégant à la cape a découvert les difficultés d’un Astarac demeuré maître du sable. Il paya comptant une spectaculaire cogida, et oublia qu’il faut aussi essayer de toréer sur la main gauche. Il y eut tout de même quelques gestes agréables, dont trois ou quatre ayudadas. Il brinda son Camino au co-président Henri Michel et signa d’excellentes séries de muletazos à droite. Lorsqu’il se saisit de la senestre, l’animal l’envoya rouler… mais par la suite il trouva une bonne vitesse de croisière en citant de loin et multipliant de petites séries, un peu sur le voyage. Mais il plut au public qui lui obtint un trophée.

Miguel Polope, avec le Camino qu’il brinda au public, nous régala d’une grand tercio de cape. Quand il mit la muleta dans la main gauche, ce fut un moment de rêve de voir se dérouler ces passes lentes et coulant sur un rythme parfait. Un artiste, mais qui n’a rien de fragile, il le prouva ensuite avec l’Astarac. Il ne fut débordé que quelques minutes avant de s’imposer, enchaînant des muletazos où l’adversaire, quelle que soit la main, humiliait et mordait le sable. Une faena réalisée au centre de la piste, dans un tout petit terrain à peine plus grand qu’un mouchoir. Puis vint le moment où il se fit plaisir sur les deux mains. Un des meilleurs moments de la novillada. Malheureusement pour les aficionados et le garçon, ce furent deux échecs calamiteux à la mort.

Solalito, en posant deux fois les banderilles a affirmé son désir de toréer. Un premier tercio de cape agréable et il aura par la suite cette qualité de s’adapter au rythme d’un eral un peu faible, notamment lors de ses séries de naturelles. Il signa une très jolie faena. Il la ponctua d’un magistral coup d’épée qui compta beaucoup dans le trophée qui lui revint. Avec l’Astarac qui terminait la course, le garçon est tombé sur un animal parfois compliqué, mais sur la main droite il s’en tira parfaitement, avec d’excellents remates. Il fut un peu plus hésitant à gauche, mais tout de même très efficace et plutôt agréable. Solalito avait l’oreille à la pointe de l’épée pour renouveler le succès de 2018. Mais l’estoc ne fut ce soir là qu’un acier de haute trahison.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.