Boujan. 30 juin (tarde). Les saigneurs de l’arène ont sévi.

La dernière novillada de Toros y Campo s’est déroulée avec une chaleur annoncée comme une fin de canicule. Nous eûmes quand même bien chaud.

Heureusement le spectacle, sans atteindre des sommets, fut plus intéressant que celui du matin, mais hélas gâché par les prestations des différents picadors venus jouer les « saigneurs de l’arène », les quatrième et cinquième relevant un peu le niveau général. Au dernier tiers plus de la moitié des utreros perdit la mobilité du début de course, ceci expliquant cela.

Le bétail de Veiga Teixera, bien présenté, aurait pu animer autrement la course. Hélas nous dûmes nous contenter de la portion congrue.

Abel Robles accueillit son premier adversaire par quelques véroniques isolées avant de le faire piquer à trois reprises, le bicho venant de loin à la troisième rencontre mais recevant à chaque fois une ration de fer trasera. Brindée à l’ami San Nicolas, la première faena du catalan fut de correcte facture sur la corne droite mais tronquée sur le bord opposé, le cornu baissant pavillon lors du changement de main. Demi-lame contraire pour la conclusion et une épée que la cuadrilla tenta d’enfoncer davantage par quelques coups de capote frauduleux (pas très élégant tout ça !). Silence.

Le quatrième, après quelques véroniques de bon son, fut bien piqué par deux fois, et comme par hasard, il put aller au bout de ses intentions. Brindée cette fois à Victor Mendes, la seconde faena du torero d’Olot (Gérone), majoritairement droitière, fut de meilleur niveau. Hélas un mauvais maniement de la rapière en gâcha la conclusion. Trois-quart trasera et atravesada au quatrième assaut. Silence.

Après quelques véroniques de réception, Maxime Solera laissa place à son picador pour trois rations de fer dures et traseras. Personnellement je ne pense pas que ce subalterne, que j’ai souvent vu à l’oeuvre, rende service au novillero fosséen en agissant de la sorte, et le garçon devrait y mettre bon ordre. Evidemment le novillo, trop et mal piqué, accusa le châtiment en se mettant sur la défensive. Maxime faillit en faire les frais lors d’un derrote qui lui frôla le visage en début de faena. Malgré la volonté affichée, le garçon ne put tirer grand chose du cornu dont il se défit difficilement d’une entière portée au quatrième assaut. Silence.

Le quinto, après quelques véroniques isolées, attaqua le picador qu’il fuit très vite en sentant la morsure du fer. Il se fâcha un peu en poussant lors de la troisième rencontre. avant d’accrocher ensuite un banderillero qui avait malencontreusement chuté. Plus de peur que de mal. Brindée au public, la seconde faena de Maxime, bien initiée par doblones genou fléchi, peina à convaincre malgré quelques séquences de correcte facture. Final a menos tant du côté du cornu que de celui du piéton qui conclut sa prestation d’une lame caida traserita. Silence.

Cristobal Reyes afficha beaucoup d’envie d’entrée de jeu. Ainsi il reçut son premier par une larga cambiada de rodillas près des tablas avant de se relever pour dessiner quelques véroniques, le bicho effectuant ensuite une vuelta de campana au ralenti qui ne dut pas arranger ses cervicales. Deux puyazos en arrière n’arrangèrent pas non plus les choses, pas plus que les quatre paires de harpons qui suivirent. Au final la faena, brindée au ganadero Antonio Teixera, évolua a menos, le novillo s’arrêtant progressivement. On retiendra quelques bonnes tandas ambidextres au début des hostilités. Entière caida après deux pinchazos. Silence.

Bien décidé à ne pas en rester là, Cristobal accueillit le dernier novillo de la feria par des véroniques volontaires avant de le faire piquer à deux reprises, fer en bonne place mais carioca à la première rencontre, la seconde administrée de façon plus light. Bonne prestation du jerezano au second tiers (palmas) puis une seconde faena ambidextre de bonne facture où le garçon soigna le tracé de ses muletazos. Hélas la demi-lame finale fut logée bien bas et tout espoir de trophée s’envola avec elle. 

Notes.

  • Le prix au meilleur novillero fut attribué à Cristobal Reyes. Il lui fut remis comme la veille par le duo Victor MendesBernard Mula (photo : Yves Porras).
  • Le prix au meilleur picador fut (à juste titre)  déclaré desierto.

Reseña et photos : Paco.