Istres. 15 juin. Javier Cortés triomphe devant des Valverde un peu décevants.

La corrida des Valverde était attendue comme l’événement torista de la feria.

L’idée d’opposer en mano a mano deux valeurs sûres de la catégorie, Octavio Chacon et Javier Cortés, aux toros de Jean-Luc Couturier, était une idée séduisante. Eut-il fallu que le bétail, au demeurant bien présenté, se montre à la hauteur de l’enjeu. Hélas il fut en-dessous du lot présenté l’an dernier dans ces mêmes arènes, et selon que l’on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide, on peut considérer cette corrida comme un demi- succès ou comme un demi-échec.

Octavio Chacon tomba sur un premier adversaire manso auquel il proposa quelques véroniques et demie avant de le présenter face au picador pour une première ration de fer prise en cabécéant et sans s’employer, la seconde rencontre se résumant à un picotazo dont le bicho sortit seul. Javier Cortés vint s’échauffer en quatre chicuelinas et demie. Dès le début de la faena, ce premier Valverde chercha à fuir l’affrontement, adoptant un comportement défensif qui le rendit dangereux, les cornes accrocheuses frôlant souvent le lidiador. Chacon essaya sur les deux bords mais il n’y avait décidément pas grand chose à tirer de ce bicho qui fut occis d’une quasi-entière caidita. Palmas pour le piéton.

Le troisième, abanto de salida, fut finalement fixé par quelques véroniques. La première rencontre fut poussée, la seconde réduite à un picotazo, l’animal se révélant juste de forces. Octavio Chacon le doubla convenablement avant de composer une première faena ambidextre servie à mi-hauteur pour éviter les génuflexions d’un Valverde sur ses gardes qui tricotait des cornes et se serrait sur l’homme, venant ensuite directement le chercher sur l’amorce d’une série gauchère que le torero termina en s’aidant de l’épée. Le Valverde cessa définitivement de charger sur une dernière tentative droitière et le gaditano s’en défit en quatre assauts, laissant une lame delantera, tendida et latérale concluante, frôlant l’accrochage sur cette dernière tentative où le toro vint carrément sur lui tête haute. Salut.

Octavio Chacon ne put dessiner qu’un brelan de véroniques isolées à un quinto durement châtié par la suite en deux rations de fer traseras et pompées. La faena qui suivit fut assez inégale, le garçon dessinant de bonnes séries de derechazos mais jouant souvent du pico sur le bord opposé avant de se recentrer au final pour des naturelles aidées initiées en se croisant. Demi-lame en place pour clore le débat. Salut.

Javier Cortés débuta la tarde en accueillant son premier par bonnes véroniques, rématant au centre par demie. Une seule ration de fer traserita pour ce second Valverde faiblard qui fut ensuite convié par le garçon à un quite par chicuelinas et largas. Brindée au conclave, la faena ambidextre, débutée par statuaires, fut de correcte facture mais un peu hachée par les génuflexions du cornu. Cortés courut bien la main lors d’un trasteo classique bien maîtrisé qui aurait pu lui valoir un trophée sans un maniement défectueux de la rapière. Entière caidita au quatrième assaut. Salut.

Face au quatrième, le madrilène gagna le centre par delantales pour y fixer son opposant par une média. Lors de la première rencontre avec la pièce montée, le Valverde cogna plus dans le peto qu’il ne s’y employa, avant courte seconde ration de fer. Au dernier tiers, l’animal révéla une bonne noblesse que Cortés exploita fort bien lors d’une seconde faena majoritairement droitière, arrachant les derniers derechazos en terrain réduit. Hélas cette bonne prestation fut une nouvelle fois gachée lors de la suerte suprême, le garçon ne parvenant à loger une trois-quart qu’à la troisième tentative. La récompense se réduisit donc à une vuelta.

Le sixième, après quelques véroniques de réception rématées par deux demies, décolla un peu le cheval du sol lors de la première rencontre prise en poussant, se faisant enfermer en carioca lors de sa seconde visite au uhlan. Salut de Morenito d’Arles et José Antonio Prestel pour un second tiers bien exécuté. La troisième faena de Cortés fut d’un aussi bon niveau que les deux précédentes, le madrilène s’avérant toujours un combattant honnête doublé d’un torero non dépourvu de sens artistique. Un trasteo dont les meilleures séquences furent droitières, le bicho protestant un peu à gauche. Final par derechazos un peu brusques avant entière caida faisant apparaître deux mouchoirs au palco, un peu excessif le second tout comme la vuelta du mayoral qui aurait dû se contenter d’un salut, la course n’étant pas (à mon avis) d’un remarquable niveau.

Le prix au meilleur picador fut déclaré desierto, celui du meilleur lidiador revenant en toute logique à Javier Cortés qui quitta le ruedo a hombros.

Reseña et photos : Paco.
Vidéo : feria TV.