Aire sur l’Adour. 16 juin. Luque triomphe en coupant quatre oreilles aux Valdefresno.

Petite entrée aux arènes, temps ensoleillé et chaud, deux heures quarante de spectacle.

Six toros de Valdefresno, bien présentés, tous d’excellentes armures, de une, le premier, à deux piques, prises avec une honnête bravoure. Seul le premier a manifesté de la force, déplaçant le cheval jusqu’à la barrière. Pas toujours commodes à la muleta mais toréables.

  • Fernando Robleño (vert et or), au premier, une entière basse, salut ; au quatrième, une entière, une oreille.
  • Octavio Chacón (bleu ciel et or souligné de noir), au deuxième, un pinchazo et une entière, silence ; au cinquième, un pinchazo et une entière, une oreille.
  • Daniel Luque (nazareño et or), au troisième, une entière, avis, deux oreilles ; au dernier, un pinchazo et trois-quarts de lame, deux oreilles.

Apostille. A la mort du troisième toro, la musique a joué le paseo «Ivan Fandiño» en mémoire du torero basque, mortellement blessé dans ces arènes en juin 2017.

Daniel Luque, après sa sortie triomphale des arènes de Vic-Fezensac il y a moins de huit jours, a signé dimanche à Aire-sur-l’Adour un nouveau succès, un immense triomphe devant des Valdefresno pourvus de cornes respectables auxquels il coupe quatre oreilles . Certes rien à voir avec la caste et le gabarit des Pedraza de Vic.

Mais ici, dégagé d’une certaine pression, le torero a pu laisser courir son inspiration et jouer de tout son corps pour parvenir à une gestuelle très fluide et harmonieuse. Même dans les moments où il a été un peu rapide, tout son être prolongeait la muleta dans une tauromachie de grâce, mais aussi de domination. Sur ses deux adversaires le garçon a su se montrer excellent lidiador. Daniel Luque était peut-être au sommet de son art. En tout état de cause, un après-midi parfaitement maîtrisé. Un premier animal brindé à Marc Amestoy, à l’origine de sa rencontre en solitaire, au mois d’août à Bayonne, et le second au public, Daniel Luque voulait partager avec tous le bonheur qu’il sentait poindre au bout de son épée.

Ces lignes pourraient convenir aux deux faenas, mais il ajoutera à la seconde une série de passes de châtiment, le lidiador, et quelques trincheras particulièrement réussies et efficaces, ajoutant à sa maîtrise du sujet. Toutefois on peut penser qu’il a su se fabriquer, en partie, ses deux Valdefresno qui manquèrent de force et qu’il sut les obliger à répéter dans la muleta. Par-dessus tout, Luque aura montré une plastique parfaite et naturelle.

Fernando Robleño, avec son visage sévère, commença par trois véroniques parfaites et se lança rapidement dans un toreo très classique. Il fut très à l’aise sur les deux mains mais demeura un peu superficiel, faisant courir sa muleta sans grande profondeur. Un moment un peu fade qu’il allait effacer par un début de lutte avec son second adversaire. A gauche il savait créer une faena très variée qu’il composait au centre du ruedo. Robleño n’a jamais menti au cours de cette course.

Octavio Chacón termine son tercio de cape par une demie d’anthologie. Il donne ainsi le ton à sa muleta qui sera souvent très lente et surtout très basse. Son premier adversaire n’a rien de facile sur la corne gauche, pourtant il fera tout pour s’imposer, avec succès, sur le toro. Retenons aussi une belle série de naturelles. Il ira chercher les dernières ressources du Valdefresno avant de tuer. Il se gagnera son trophée à sa seconde sortie, avec de très lents muletazos, mais en arrachant, une à une, les passes qui feront son succès. Nouvelles séries de naturelles avant que l’animal ne s’éteigne.

Une course qui se termine en apothéose avec la sortie en triomphe de Luque et du mayoral dont les toros ont permis de couper six oreilles.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.
Reportage photos : Romain Tastet.